Recherche 2

 

Avec 314 voix pour et 223 contre, le texte autorisant la recherche médicale sur les cellules souches embryonnaires humaines (CSEH) a été voté ce mardi 16 juillet, à l’Assemblée Nationale. Annonçant le retour d’un débat houleux sur la scène politique, la loi promet de passer d’une interdiction assouplie par des dérogations à une autorisation encadrée.

 

Cette question éthique divisait l’opinion et les chercheurs depuis des années : fallait-il utiliser les embryons issus de la fécondation in vitro (FIV) à des fins de recherche thérapeutique ? Etant les seules cellules pluripotentes du corps humain (c’est à dire capables de se transformer en n’importe quelle autre cellule de l’organisme : cœur, cerveau, poumons…), les cellules souches embryonnaires représentent un des plus grands espoirs pour la recherche médicale à l’heure  actuelle. Et si le choix des embryons fournissant ces cellules reste soumis aux mêmes règles éthiques que pour la loi Leonetti de 2004, nul doute qu’avec ce nouveau texte la France saura rattraper son retard dans le domaine, située pour l’instant au 17ème rang mondial.

 

Le choix des embryons toujours strictement encadré

 

Issus de la fécondation in vitro, les embryons destinés à la recherche médicale demeureront ceux qui, en surnombre, ne font plus l’objet d’un projet parental après autorisation du couple. Généralement congelés puis détruits, ils pourront grâce au nouveau texte être utilisés dans des projets de recherche à des fins strictement thérapeutiques. Ces projets devront justifier l’utilisation des cellules souches comme seul moyen de faire aboutir la recherche, justification qui auparavant nécessitait une dérogation.

 

Les cellules adultes, aussi performantes que les cellules souches ?

 

Il existe pourtant une alternative aux fameuses dérogations : l’utilisation de cellules souches pluripotentes induites, « IPS », qui sont des cellules adultes dont le génome a été reprogrammé afin qu’elles puissent se transformer en plusieurs autres types de cellules du corps humain. Une perspective de taille pour la guérison de certaines maladies organiques, mais qui n’offre pas, pour les chercheurs, la même efficacité que les cellules souches embryonnaires. Gageons que cette loi apporte des solutions thérapeutiques nouvelles, notamment en matière de médecine régénérative et de thérapie cellulaire.

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