Trois parents pour un bébé

Au Royaume-Uni, le gouvernement a validé un procédé permettant une procréation assistée à partir de l’ADN des deux parents et d’une tierce personne. Un nouveau débat éthique en perspective…

Le gouvernement britannique a donc décidé de faire un nouveau pas en avant en matière de procréation assistée. En validant ce projet, il lance le débat qui aura lieu en 2014 et prépare d’ores et déjà un texte de loi à soumettre au Parlement. Son objectif : « lancer dès que possible un traitement qui sauve des vies ».

Un procédé médical complexe

Ce processus novateur a pour but d’éviter la transmission de maladies génétiques des parents à l’enfant. Il s’agirait, en laboratoire, de remplacer l’ADN mitochondrial défectueux (responsable de la maladie) de la mère, par l’ADN sain d’un « troisième parent ». Ainsi, l’enfant n’aurait plus aucun risque de développer une maladie génétique grave (myopathies, problèmes musculaires, neurologiques ou cardiaques, diabète, etc.). Par ailleurs, les conséquences sur le patrimoine génétique de l’enfant sont quasiment nulles : celui-ci ressemblerait à ses parents car les caractéristiques humaines sont stockées dans l’ADN du noyau de la cellule et non dans l’ADN mitochondrial.

Eugénisme ou solution miracle ?

Comme attendu, cette décision du gouvernement a suscité des réactions très contrastées. Les tenants d’une science éthique se sont immédiatement insurgés, contestant vigoureusement cette manipulation génétique de trop, certains criant même à l’eugénisme. Mais d’autres voient dans cette innovation scientifique un moyen de permettre aux femmes touchées par des maladies mitochondriales de pouvoir avoir des enfants comme les autres. D’autant plus qu’on estime qu’un bébé sur 200 est porteur d’une mutation mitochondriale susceptible de provoquer une maladie grave et qu’un sur 6500 est gravement affecté et présente des risques élevés de développer la maladie.

Retrouvez l’ensemble de nos articles sur notre blog, ici.

Publicités