Autisme et pollution

Aux États-Unis, des chercheurs ont mené une vaste enquête permettant d’éclairer le lien déjà connu entre autisme et pollution de l’air. Il y aurait bien un risque accru pour une femme de donner naissance à un enfant autiste si elle a été exposée à une forte pollution durant la grossesse.

Jusqu’à présent, la relation entre la pollution atmosphérique et l’autisme était déjà plus ou moins mise en évidence. Cependant, elle demeurait relativement imprécise, dans le sens où les études prouvant l’existence d’un lien étaient restrictives. Ainsi, des études de 2010 et 2012, toujours aux États-Unis, avaient permis de mettre en lumière une relation entre autisme et pollution atmosphérique automobile. Mais ce n’était qu’une simple association, qui plus est basée sur l’observation de seulement 500 enfants.

Une étude menée à grande échelle

Les auteurs de l’étude, des chercheurs de l’Université de Harvard, ont examiné de grandes quantités de données issues d’une enquête entamée en 1989 auprès de 116 430 infirmières. Parmi celles-ci, les chercheurs se sont intéressés à 325 femmes ayant eu un enfant autiste et 22 000 ayant eu un enfant n’en souffrant pas. Ces femmes sont réparties sur l’ensemble du territoire américain. Ils ont ensuite regardé les différents agents polluants ainsi que leur niveau dans l’air, présents sur les lieux de la grossesse et de la naissance.

Des résultats pour le moins inquiétants

Les résultats mis en évidence par cette étude sont édifiants. Les chercheurs ont déterminé une liste de plusieurs polluants influents sur la grossesse : diesel, mercure, plomb, manganèse (dans les engrais) et chlorure de méthylène (présent dans certains décapants et aérosols). Il en ressort que les femmes enceintes ayant passé leur grossesse dans des endroits présentant de fortes concentrations de particules de ces polluants ont entre 50 et 100 % plus de risques d’accoucher d’un enfant autiste que celles se trouvant dans des lieux moins exposés. Encore plus préoccupant, il apparaît que selon le type de polluant, « 20 à 60 % des femmes de l’étude vivaient dans des zones à risque ».

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