Numérique

Alors que Vincent Peillon était hier en visite au lycée Diderot à Paris, pour présenter les prochains changements liés au numérique, une étude américaine vient contrebalancer l’enthousiasme du Ministre de l’Éducation. En jeu, des sommes importantes du numérique et surtout, son efficacité dans le domaine pédagogique.

Alors qu’il présente actuellement son plan pour le numérique à l’école, Vincent Peillon se montre résolument positif, voyant là un éventail de nouvelles possibilités d’enseignement. Il est temps que la France s’y mette puisque l’OCDE la place au 24ème rang sur les 27 pays de l’UE, dans ce domaine. Pour rattraper son retard, l’État ne lésine pas sur les moyens. À titre d’exemple, depuis 2001, les Landes ont investi 52 millions d’euros pour équiper enseignants et étudiants en ordinateurs.

Une étude de longue haleine menée aux États-Unis

Robert W. Fairlie et Jonathan Robinson, deux chercheurs américains du National Bureau of Economic Research ont récemment publié les fruits de leur étude sur l’apport du numérique dans l’enseignement. Alertés par les sommes colossales engagées par le gouvernement américain (déjà plus de 5 milliards de dollars), ils ont décidé de distribuer des ordinateurs portables à 1123 enfants parmi 15 écoles californiennes. Puis ils ont comparé, sur un à deux ans, leurs résultats scolaires à ceux d’enfants non-équipés par leurs soins.

Remise en cause de l’efficacité du numérique

Les résultats mis en évidence par les deux chercheurs jettent le doute sur « l’ère numérique » à l’école. En effet, il apparaît que les résultats scolaires sont les mêmes dans les deux groupes. Le numérique n’aurait donc aucun impact sur les notes, positif ou négatif. L’enquête montre que les enfants du groupe test passent plus de 6 heures par semaine devant un écran, soit 2h30 de plus que ceux du groupe témoin. Mais seulement 1/3 de ce temps supplémentaire a été consacré au travail. Le reste du temps, les enfants jouent et se connectent sur les réseaux sociaux. Au final, le numérique servirait donc plus à la distraction qu’au travail, avec un impact nul sur les résultats scolaires. De quoi questionner la volonté française dans ce domaine.

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