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Le « malheur » français aurait-il trouvé son origine ? Selon les recherches d’une économiste, Claudia Senik, le pessimisme des Français serait un mal culturel. Et l’école « à la française » conduirait au pressentiment de se sentir moins heureux que les autres.

En 2011, une enquête de l’INSEE montrait que les Français s’attribuaient la note de 7,2 sur une échelle du bonheur graduée de 0 à 10. « Une très mauvaise note » remarque Claudia Senik. Car comparé au PIB national, à l’Indice de Développement Humain des Français (niveau de revenu, éducation et espérance de vie) et aux 13 pays européens ayant participé au sondage, la France obtient la plus mauvaise note. Seuls les Portugais font moins bien, mais leurs « conditions matérielles sont beaucoup plus défavorables que nous », souligne la chercheuse.

Un problème culturel

Pour comprendre l’origine de ce mal-être, l’économiste a comparé les résultats d’un sondage réalisé sur des Français « de souche » et des immigrés de première et de deuxième génération. Première constatation : « il semble que vivre en France réduit de 20 % la probabilité de se déclarer très heureux. » De plus, cette attitude perdure chez les Français partis vivre à l’étranger mais pas chez les immigrés de première génération venus vivre en France. Ce n’est donc pas le fait de vivre en France qui rend malheureux mais plutôt les mentalités et la culture française, qui se transmet de génération en génération. Une transmission qui se fait dans les « instances de socialisation primaire que sont l’école et la famille. » Une conclusion qui correspond à une autre statistique : les immigrés de seconde génération, « scolarisés chez nous se déclarent moins heureux » que ceux qui l’ont été ailleurs.

L’école dans le viseur

L’étude vise donc directement le système éducatif français. Deux variables principales jouent sur le sentiment de bonheur, selon Claudia Senik : l’estime de soi et l’orientation future de sa vie. Des variables dans lesquelles l’école joue un rôle important. En opérant un classement, une évaluation par les notes, le système éducatif ne donne pas confiance aux élèves. Cette analyse avait déjà été faite dans le livre La Machine à trier, sur les conséquences du système scolaire sur l’estime de soi. Les auteurs estimaient alors « qu’être classé scolairement revenait à être classé socialement. » Ils remarquaient aussi que les jeunes avaient le sentiment que l’école ne leur donnait « pas les moyens d’orienter le cours de leur vie dans un sens favorable » poussant vers « l’hyperconformisme et la résignation. »

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