Mortinatalité2
Selon une étude européenne coordonnée par l’Inserm, la France a le taux de naissances d’enfants mort-nés le plus élevé d’Europe. La prise en compte des interruptions médicales de grossesse (IMG) dans les statistiques françaises gonfle les chiffres. Les autres résultats ne sont pas rassurants pour autant.

Le rapport Euro-Peristat, publié lundi 27 mai, énumère les données de santé périnatale en 2010 pour 26 pays de l’Union Européenne. La France comptabilise le plus mauvais résultat enregistré en Europe concernant le taux de naissances d’enfants mort-nés. Il s’élève à 9,2 pour 1 000 naissances. Cependant, l’Inserm précise que la moitié des décès sont attribués aux interruptions médicales de grossesse (IMG). En effet, dans l’Hexagone, les médecins décident généralement de pratiquer une IMG après 22 semaines. Or, passé ce délai, elles sont comptabilisées dans le taux d’enfants mort-nés. Les autres pays réalisent les IMG plus précocement.

Prématurité, mortalité néonatale : chiffres inquiétants

Concernant la mortalité néonatale (décès dans les 27 premiers jours après la naissance), le France n’est pas non plus parmi les pays les plus compétents d’Europe. Elle occupe seulement le 17ème rang malgré une légère baisse par rapport à 2003 : 2,3 décès pour 1000 naissances en 2010 contre 2,6 sept an plus tôt. En revanche la prématurité (naissances avant 37 semaines d’âge gestationnel) est en légère hausse passant de 6,3 % de bébés prématurés en 2003 à 6,6 % en 2010. Une augmentation constatée dans de nombreux pays du continent.

À la recherche d’explications

Le rapport tente de trouver des réponses à de telles évolutions. Parmi les thèses évoquées : l’obésité. Elle concernait 9,9 % des femmes qui ont accouché en 2010 contre 7,4 % en 2003. Ce qui constitue tout de même un taux « relativement faible » par rapport à d’autres pays. Autres explications des spécialistes : les grossesses tardives, qui sont de plus en plus nombreuses. En 2010, 19,2 % des nouvelles mères ont 35 ans et plus. Une situation à risque pour les nouveau-nés. De son côté, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pointait du doigt le fait que les Françaises fument pendant leur grossesse. Une enquête nationale a révélé récemment que 24 % des femmes françaises enceintes déclarent fumer au quotidien en 2013. Soit deux fois plus que la moyenne européenne.

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