lien pèrefils

Les pères de famille restent très absents pour les enfants de couples divorcés. Une étude de l’Institut national d’études démographiques (INED), publiée le 23 mai, montre que 17,8%  des enfants de couples séparés ne voient jamais leur père.

L’étude intitulée « Quand la séparation des parents s’accompagne d’une rupture du lien entre le père et l’enfant » a été réalisée en 2005 auprès de 10 079 hommes ou femmes âgés de 18 à 79 ans. Elle a la particularité de décrire les caractéristiques du père et de l’enfant qui n’entretiennent plus aucune relation après un divorce.

Niveau social

Plus le niveau de diplôme du père est faible, moins le lien avec son enfant est maintenu. Ici, plusieurs chiffres à retenir. 22,3% des enfants dont le père a un diplôme inférieur au Bac ne le voient jamais. Contre 6% des enfants dont le géniteur a un diplôme supérieur au baccalauréat. Et 15,2% des enfants dont le père travaille. Une proportion qui augmente à 27,6% si le père est au chômage. Enfin, il apparait que le revenu du chef de famille influe sur les relations. Trois enfants sur dix dont le papa à un revenu inférieur à 1000€ ne le voient jamais, contre à peine 1 sur dix quand le revenu excède 3000€.

La distance et domiciles

Plus le domicile du père est éloigné de celui de son enfant, moins le lien a de chance d’être maintenu. Un constat sans surprise. Pourtant, la proportion d’enfants coupés de leur père augmente seulement à partir de 4h de trajet qui les séparent (33%). En deçà, la distance joue, certes, sur la fréquence des rencontres mais pas sur le fait qu’ils ne se voient jamais.

Plus l’enfant est jeune, moins il voit son père

L ‘âge de l’enfant au moment de la séparation influe sur les liens avec son père. Un enfant de moins de 3 ans (au moment du divorce) sur quatre ne voit plus son paternel. Un ratio qui passe à un sur sept lorsqu’il est âgé d’au moins 8 ans. A l’inverse, passé l’âge de la majorité, les relations entre le fils ou la fille et le père sont de plus en plus rare : 19% des jeunes ayant entre 18 et 21 ans ont coupé tout échange avec leur père, contre 32% de ceux ayant entre 30 et 34 ans.

Garde alternée : la meilleure solution

La garde alternée semble être le meilleur moyen pour que le lien père/enfant ne soit pas rompu. Seulement 1% ne voient plus leur père s’ils se retrouvent en résidence alternée un an après la séparation. Alors que 21% d’entre eux ne l’ont plus revu s’ils ont vécu principalement chez la mère. Ce mode de garde permet « de maintenir un lien régulier et une certaine quotidienneté » commente l’INED, mais il est aussi « la traduction de séparations plus consensuelles, moins conflictuelles. » La résidence alternée et la garde de l’enfant par le père restent rares après une procédure de divorce.

Des chiffres à relativiser

Ces pourcentages doivent être mis en perspectives avant d’être commentés car, selon une étude antérieure d’Informations sociales, les pères réclament rarement la garde complète ou la résidence alternée. De plus, la rupture du lien entre enfants et pères résulte souvent de situations conflictuelles entre parents, voire entre père et enfant.

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