Trisomie

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’est prononcé en faveur du nouveau test de dépistage de la trisomie 21 par simple prise de sang maternel. Mais les analyses de l’ADN fœtal qu’il engendre divisent les spécialistes  sur la question de la bioéthique.

« Un progrès » pour les femmes. Selon le CCNE, ce nouveau dépistage est une avancée scientifique et technologique par rapport au test actuellement proposé aux futures mères. Un avis partagé par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens (GNGOF) qui souhaite une mise en place et un remboursement intégral de ce nouveau type d’examen prénatal.

Quel dépistage aujourd’hui ?

Depuis 2009, le dépistage de la trisomie 21 est systématiquement proposé, et accepté dans 9 cas sur 10. Une échographie et un dosage de deux marqueurs sanguins sont réalisés en début de grossesse. Si les examens établissent des anomalies, des chromosomes fœtaux sont prélevés et analysés. Une technique appelée biopsie ou amniocentèse. Ce test comporte un risque de fausse couche de 1%. Le diagnostic de trisomie 21 peut conduire, si les parents le souhaitent, à une interruption médicale de grossesse.

Nouveau test, nouvelle méthode

Le principal atout du nouveau dépistage est de réduire le risque de fausse couche à 1/1000. Il est aussi plus simple puisqu’il s’agit d’une unique prise de sang de la mère. Les résultats sont ensuite fondés sur l’analyse de l’ADN fœtal qui circule dans le sang de la génitrice. Cependant, cette méthode doit encore se perfectionner car les résultats ne sont pas interprétables dans 5% des cas, pour des raisons techniques.

Le risque de dérives éthiques

Plusieurs voix se sont élevées contre cette nouvelle pratique comme la Fondation Lejeune* qui voit en ce dépistage une « négation de la valeur de la vie humaine handicapée. » Le directeur général de la Santé, Jean Yves Grall, a saisi le Conseil d’éthique, craignant une « dérive eugéniste » et avançant l’idée que cette analyse de l’ADN puisse être utilisée pour déceler de simples prédispositions pour des maladies où la génétique ne joue qu’une part variable (cancers du sein, du côlon, ou de la prostate, diabète) ou même qu’elle soit utilisée pour déterminer des traits physiques ou psychiques de l’enfant. L’ancien président du CCNE, le Pr Didier Sicard a lui-même critiqué ce procédé dans le journal Le Monde. Pour lui, « la vérité centrale de l’activité de dépistage prénatal vise à la suppression et non au traitement. » Affaire à suivre…

*Fondation créée en 1959 et reconnue d’utilité publique pour vaincre les maladies génétiques de l’intelligence.

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