Déni de grossesse

Deux corps de nouveau-nés ont été découverts dimanche soir, dans le congélateur de leur mère. Cette dernière avait déjà été condamnée pour infanticide.

Sinistre découverte, dimanche soir, dans la ville d’Ambérieu-en-Bugey dans l’Ain. Un fœtus ou nouveau-né a été retrouvé dans le congélateur d’une mère de famille de 32 ans, par son compagnon. Sur place, les enquêteurs ont découvert un deuxième corps congelé. La mère a été placée en garde-à-vue et a indiqué aux enquêteurs que les faits s’étaient produits en 2011 et 2012. Mardi, l’âge des corps était encore inconnu, ne permettant pas de savoir s’ils étaient vivants ou déjà morts à leurs naissances.

Déjà condamnée en 2005

Le Procureur de la République de Bourg-en Bresse a déclaré que la jeune femme avait déjà été condamnée en avril 2005 à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de l’Ain pour l’assassinat du nourrisson dont elle venait d’accoucher. Il a ajouté qu’il donnerait prochainement des informations sur les mesures dont elle avait pu bénéficier depuis cette date, puisqu’elle était actuellement libre.

Cas d’infanticide à Pantin

Ce matin, c’est une femme d’une cinquantaine d’année qui a découvert le corps d’un nouveau-né dans un bac à fleurs en béton dans la cour intérieure d’un ensemble d’immeubles de Pantin en Seine-Saint-Denis. Le procureur du parquet de Bobigny s’est rendu sur place et l’enquête a été confiée au service départemental de la police judiciaire. Des officiers de la police judiciaire mènent actuellement une enquête de voisinage et les deux personnes qui ont fait la découverte ont été convoquées au commissariat.

Le précédent Courjault

Les affaires de bébés retrouvés congelés surviennent régulièrement. Depuis 2006, au moins un corps de nouveau-né congelé est découvert chaque année en France. Ainsi, plus d’une douzaine d’affaires ont été répertoriées sur les dix dernières années. Parmi elles, l’affaire Véronique Courjault est restée dans les mémoires. Cette mère de famille dont on a découvert en 2006 qu’elle avait tué trois de ses nouveaux-nés et conservé les corps de deux d’entre eux dans son congélateur. Condamnée en 2009 à huit ans de prison, elle a été libérée en mai 2010.

À cette occasion, la question du « déni de grossesse » avait été évoquée. Pour se protéger d’une grossesse qui la fait souffrir, la femme nie son état et ne se rend donc pas compte qu’elle est enceinte. Lors du procès Courjault en juin 2009, la rédaction de PsychoEnfants avait interrogé Sophie Marinopoulos, psychiatre et psychanalyste au CHU de Nantes et le professeur Israël Nisand, chef du département de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, pour en savoir plus sur le déni de grossesse.

Pour découvrir notre interview croisée de Sophie Marinopoulos, psychiatre et psychanalyste au CHU de Nantes et du Pr Israël Nisand, chef du département de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, cliquez ici

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