Chouchou

Quel enfant, issu d’une grande fratrie, n’a jamais pensé être moins aimé que ses frères et sœurs ? Dans presque chaque famille, la notion de « chouchou » revient inévitablement.
Une étude auprès d’anonymes menée en Grande-Bretagne présente des chiffres assez étonnants sur ce sujet.

Cette étude, menée auprès de 1 237 parents d’au moins deux enfants âgés au minimum de trois ans, a révélé que 62 % des pères et des mères interrogés ont un chouchou. Parmi ceux qui ont admis avoir une préférence pour un enfant, 8 % ont estimé traiter celui-ci différemment. Dans 25 % des cas, ce sont les enfants les plus âgés qui s’attirent les faveurs de leurs parents, ces derniers estimant partager plus d’activités et de discussions avec eux.

Une question d’attention

Pour Mark Pearson, qui a encadré cette enquête, les parents n’aiment pas moins un enfant qu’un autre mais peuvent lui accorder plus d’attention : « Cela paraîtra toujours comme immoral d’avouer que vous avez une préférence mais je pense que c’est plus à prendre dans le sens où vous passez plus de temps avec l’un qu’avec l’autre ». Pour notre expert Dominique Mazin*, psychologue clinicienne et psychothérapeute, chaque enfant doit recevoir l’affection et l’attention dont il a besoin.

PsychoEnfants : Est-il normal d’avoir un « chouchou » ?

Dominique Mazin  : Pour moi, ce n’est pas normal, mais c’est fréquent… trop fréquent. Tous les enfants sont différents. Tous ont besoin d’être aimé pour ce qu’ils sont. Bien sûr, on aimera jamais de la même manière un aîné ou un troisième. Généralement, avoir chouchou signifie qu’il y a du favoritisme, de l’injustice. Au quotidien, ça se manifeste par plus de compréhension, d’indulgence ou parfois par plus d’exigence.

P.E : Pourquoi certains parents ont-ils un « chouchou » ?

D.M : La préférence pour un enfant répond à un mécanisme de projection. Le chouchou renvoie à l’histoire personnelle du parent. C’est celui qui lui ressemble et auquel le parent peut s’identifier physiquement, au niveau du caractère ou d’une histoire commune (Maladies, naissances difficiles, etc.) Pour cette raison, il n’est pas rare de voir des parents préférer leur aîné. L’aîné, c’est celui qui a rendu une femme mère et un homme père. Il permet la découverte de la parentalité et donc fait référence à beaucoup de bonheur.

P.E : Comment faire pour que l’enfant « préféré » ne bénéficie pas de plus d’attention ou de plus d’amour ?

D.M  : L’enfant préféré, ce n’est pas obligatoirement celui qui reçoit le plus de bisous ou de câlins. Souvent, il s’agit d’une préférence intérieure, plus inconsciente. En tout cas, le parent doit tout faire pour étouffer ses préférences, lutter contre. Pour cela, il peut se faire aider par un psychologue. Sinon, les parents doivent entretenir avec chaque membre de la fratrie une relation unique et inconditionnelle. L’idéal serait que chaque enfant se croit le préféré.

* Elle est l’auteure, avec Dominique François, de l’ouvrage Élever un enfant, c’est pas si compliqué paru aux éditions Albin Michel

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