POP

Pop. Sous cette onomatopée se cache le nom d’un petit enfant. Mais seuls ses parents savent si c’est un garçon ou une fille. Sous ce fait divers se pose la question de l’éducation des enfant. Un enfant peut-il grandir sans être influencer par la théorie du genre?

Les faits remontent à 2009. Un couple de Suédois crée la polémique en indiquant qu’il ne veut pas révéler à son enfant si c’est un garçon ou une fille. Par ce geste, il souhaite que Pop ne grandisse pas dans un moule d’un genre spécifique et qu’il échappe aux stéréotypes qui existent sur les garçons et les filles.

Déscolarisé

Pour cela, les parents ont décidé de ne pas l’envoyer à l’école maternelle et de s’occuper eux-mêmes de son éducation. Les parents de Pop ont fait quelques émules dans le monde. En 2011, un couple canadien décidait de taire le sexe de son bébé, Storm. L’an dernier, Sasha, un petit Britannique de 5 ans entrait à l’école. Quand ses parents lui ont dit qu’il était un garçon, il a simplement répondu que « les garçons et les filles, c’est pareil. »

Pour notre expert Dominique Mazin*, psychologue clinicienne et psychothérapeute, il est impossible voire dangereux de ne pas révéler son genre à un enfant.

Psychoenfants: Un enfant peut-il grandir sans savoir s’il est un garçon ou une fille ?

Dominique Mazin: Pour moi, c’est une supercherie. Il va forcément le savoir, le sentir. C’est inévitable. Tout est sexué, même les plantes. Mais il va être interdit d’en parler, ça va devenir un tabou original. Ce qui fait que l’enfant ne va pas poser de questions. Et cela va forcément créer des soucis.
Actuellement, on pense qu’un enfant ne peut pas se construire sans identité sexuelle. Mais on peut toujours imaginer un monde asexué. Ces gens pensent que l’évolution va pouvoir nous amener à l’indifférenciation sexuelle. Pourquoi pas ? Mais ici, je pense que l’on prend l’enfant pour un idiot.

P.E: Pourquoi cela ?

D.M: Parce qu’il va très vite comprendre comment le monde fonctionne. Jusqu’à 3 ans, les enfants ne font pas de différence entre les garçons et les filles. Mais au-delà, ils prennent conscience que les deux sexes ne sont pas pareils. Il va découvrir qu’on lui cache des choses, qu’on lui ment. Et ça, ça va être un choc. Découvrir que la différence entre les sexes existe, je ne vois pas en quoi ça peut le choquer. Par contre, découvrir que ses parents lui mentent depuis sa naissance, ça peut le perturber. Les enfants n’aiment pas qu’on leur mente. En faisant cela, les parents nient la réalité.

P.E: Est-il pertinent de respecter, aujourd’hui encore, les stéréotypes sur les filles et les garçons ?

D.M: Pour le moment, un enfant a besoin de s’identifier. Je trouve que l’on exagère beaucoup sur le bleu et le rose mais en même temps, cela permet à l’enfant de savoir qui il est. Le problème des stéréotypes, c’est qu’il y en a beaucoup trop. Cette exagération alors que l’on est dans un discours égalitaire, c’est une vraie contradiction. On essaye d’égaliser les différences entre les hommes et les femmes, au moins au niveau du droit, et parallèlement, on les renforce en accentuant les stéréotypes. On veut mettre tout le monde dans un même mode de pensée. Boris Cyrulnik a dit que c’était très bien de montrer à l’enfant de quel côté il se trouve. Être une fille ou un garçon et le savoir, ce n’est pas du tout un handicap.

* Elle est l’auteure, avec Dominique François, de l’ouvrage Elever un enfant, c’est pas si compliqué paru aux éditions Albin Michel

Retrouvez l’ensemble de nos articles sur notre site, ici

Publicités