Dépression

Vendredi 8 février, un adolescent de 13 ans a mis fin à ses jours. Ses parents l’ont retrouvé pendu dans sa chambre. Il était victime de harcèlement scolaire au collège dans lequel il était scolarisé.

Matteo, un collégien de 13 ans, a décidé de mettre fin à ses jours, vendredi soir au domicile de ses parents à Bourg-Saint-Maurice. L’adolescent était présenté comme étant « en souffrance à cause de ses camarades de classe ». Une souffrance qui serait née des moqueries que l’enfant subissait en raison de sa couleur de cheveux : rousse. Élève en classe de 4e au collège Saint-Exupéry de Bourg-Saint-Maurice, Matteo a été retrouvé pendu dans sa chambre par ses parents, les pompiers n’ayant pu le réanimer. L’enfant aurait été frappé au visage en janvier, et ses parents assurent avoir signalé ses problèmes à l’établissement. L’enquête a été confiée aux gendarmes d’Albertville. Ils devront déterminer les raisons exactes du drame et se prononcer pour savoir si la tragédie pouvait être évitée.

La psychologue Ariane Bilheran, auteur, entre autres, du livre Le harcèlement moral au quotidien, paru chez Armand Colin, avait répondu à nos questions en janvier 2012, lors du suicide d’une adolescente de 12 ans dans les mêmes circonstances.

Comment aider les adolescents victimes de harcèlement à en parler ?

La première chose à faire, c’est la prévention. Dès son plus jeune âge, l’enfant doit savoir que la violence existe, qu’elle soit physique ou mentale et qu’il ne doit pas se taire s’il en est victime. Avec des mots adaptés, informez-le et balisez au mieux le terrain pour qu’il ne se renferme pas sur lui-même s’il se retrouve face à une forme de violence. Pour être efficace, la prévention doit être faite par les parents ET par l’école. Sans elle, la personne victime de harcèlement ne fera pas nécessairement la démarche d’en parler.
Les parents ont un autre rôle très important : celui de s’intéresser et d’identifier les différentes modifications du comportement de leur enfant. En effet, l’enfant se sentira plus en confiance pour parler de ses problèmes s’il sent qu’il n’est pas seul et que ses parents portent une attention toute particulière à ce qu’il vit.

Comment expliquer qu’une personne en arrive à une telle extrémité ?

L’acte qu’a commis cet adolescent est malheureusement la conséquence logique du harcèlement qu’il a subi. Le but du harcèlement est de conduire la victime à l’autodestruction, de lui faire comprendre qu’elle n’est rien, de la pousser à bout. En général, les harceleurs s’en prennent à des personnes qui sont déjà en période de fragilité. De cette manière, ils s’assurent que leur victime est la personne la moins susceptible d’en parler.

Est-il judicieux de changer d’établissement un adolescent victime de harcèlement ou doit-on tenter en premier lieu de régler le problème avec l’équipe encadrante ?

Tout dépend du moment où l’on s’aperçoit qu’il y a violence et qu’on décide de la prendre en charge. Lorsqu’on décide de réagir aux prémices du harcèlement, aller voir l’équipe encadrante, lui expliquer la situation et s’assurer qu’elle prend les choses en main de manière suffisante. En revanche, si le harcèlement est à un stade très avancé, il est plus prudent de séparer les bourreaux et leur victime, dans l’intérêt de cette dernière et de son bien-être. Mais dans les deux cas, il est absolument nécessaire que les harceleurs soient punis à la mesure de la gravité de leurs actes.

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