Gay

Depuis mardi 29 janvier 2013, les députés examinent les 5035 amendements du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe et donc la possibilité d’adopter en tant que couple.

Mardi 29 janvier débutaient les discussions à l’Assemblée Nationale autour du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. 5035 amendements doivent ainsi être étudiés. L’extrait du compte rendu du Conseil des ministres du 7 novembre 2012 explique que « Ce texte, fondé sur une recherche de l’effectivité du principe d’égalité, permet aux couples de même sexe de se marier. Par conséquent, il ouvre également aux personnes de même sexe mariées la voie de l’adoption, que ce soit l’adoption conjointe d’un enfant par les deux époux ou l’adoption de l’enfant du conjoint. »

Des avis contrastés

Les opinions divergent, à gauche comme à droite. Ainsi, Sylviane Agacinski, la philosophe et femme de Lionel Jospin, s’est prononcée au micro de RTL pour le mariage pour tous mais contre l’adoption par les homosexuels. La philosophe a appuyé son intervention sur le fait qu’il fallait défendre la filiation naturelle. Dans un sondage publié le 30 janvier et réalisé par l’institut Yougov pour le Huffington Post, 59% des 947 personnes interrogées ont affirmé être pour le mariage des homosexuels. Mais l’adoption par les couples de personnes de même sexe dérange davantage puisque 54% s’y sont déclarées opposées.

Au cœur du débat, PsychoEnfants s’est interrogé sur la manière dont pouvait se construire un enfant éduqué par des personnes de même sexe, études à l’appui.

L’équilibre de l’enfant en question
De nombreuses disciplines (psychanalyse, philosophie, sociologie, anthropologie…) ont été convoquées pour des travaux au départ théoriques. En France, pour l’heure, il semble n’exister qu’une seule étude empirique, conduite et publiée en 2000 par le pédopsychiatre Stéphane Nadaud, sur la base d’un recueil de données indirectes : le témoignage et l’observation des parents. Olivier Vécho est actuellement l’un des principaux chercheurs français à travailler sur l’homoparentalité. Il a exploré avec Benoît Schneider en 2003, 311 études parues depuis 1972. Ils en ont extrait 35 recherches sur le terrain interrogeant les enfants eux-mêmes. Le reste étant soit des témoignages de parents, soit des études réunissant des points de vue sur le développement psychique ou le cadre législatif (Retrouvez l’analyse et les résultats de l’étude dans le magazine ou dans les dossiers de notre boutique www.psychoenfants.com).

Les limites des études !

Les militants de tous bords comme les responsables politiques, regardent les études à l’aune de leurs convictions et mettent souvent dans le même panier études scientifiques théoriques, empiriques ou simples avis de psychologues ou psychiatres. Toutefois, même les recherches de terrain restent à observer avec vigilance. De nombreuses études sont financées par des lobbies, des associations homosexuelles ou, au contraire, religieuses. Les chercheurs eux-mêmes sont parfois partisans et animés de convictions fortes qui influencent forcément leurs travaux et leur analyse. Enfin, même les recherches sur de larges échantillons d’études ont leurs limites, elles manquent de précisions en ce qui concerne les réponses, elles ne proposent pas une analyse psychologique précise. Enfin, il n’y a pas eu à ce jour d’étude de grande ampleur sur un échantillon large d’au moins 2000 personnes, sélectionnées dans toutes les couches sociales de la population et non par le biais des associations militantes et conjointement menées par des chercheurs ayant des opinions différentes sur le sujet.

Bien que nous ayons tenté de sortir de la subjectivité de l’avis d’expert, pour nous pencher sur les études de terrain les plus vastes, il reste évident qu’à cette heure il est difficile de poser des affirmations définitives sur la construction psychologique des enfants ayant grandi en famille homoparentale.

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