Irm cerveau monté

Une équipe de scientifiques de l’EPFL* vient de démontrer que les traumatismes de l’enfance laissent une empreinte biologique durable dans le cerveau, qui pourrait prédisposer à la violence.

Le cerveau est marqué par les traumatismes psychologiques subis dans la jeunesse. C’est ce qu’affirme une étude menée par l’équipe du professeur Carmen Sandi, chercheuse à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne* (EPFL), dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Translational Psychiatry. L’étude démontre aussi que cette marque prédisposerait à la violence à l’âge adulte.

Une trace durable

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs de l’EPFL ont exposé une population de 250 rongeurs à des situations de stress psychologique. Une fois à l’âge adulte, ces mêmes rats ont commencé à se comporter de manière agressive dans des situations ne le justifiant pas. Les scientifiques ont remarqué une modification du cerveau de l’animal, mais ils ont aussi constaté que les changements physiques dans les cerveaux des rats correspondent à ceux détectés chez des humains violents ayant subi des traumatismes dans leur enfance.

Le cerveau altéré

« Nous ne nous attendions pas à autant de similarités », note Carmen Sandi. Grâce à l’imagerie fonctionnelle pratiquée sur des individus violents, on a constaté le même déficit d’activation du cortex orbitofrontal que chez les rats. Or chez des sujets sains, cette partie du cerveau est activée pour réduire les réactions agressives. La chercheuse juge que « les personnes qui ont subi des traumatismes dans leur enfance ne souffrent pas seulement du point de vue psychologique. Leur cerveau est véritablement altéré. » .

Un traitement possible

Les chercheurs ont aussi pu mesurer des modifications au niveau des gènes connus pour leur implication dans l’agressivité. « Nous avons trouvé que le niveau d’expression du gène MAOA augmentait dans le cortex préfrontal, là où nous avions constaté une inhibition », précise Carmen Sandi. Les chercheurs ont remarqué que l’administration d’un antidépresseur modifiait alors les altérations subies. Les recherches devraient se poursuivre dans cette voie pour mieux comprendre, entre autres, l’influence des antidépresseurs sur la plasticité cérébrale.

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