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Selon un rapport détaillé de l’INSEE*, publié le 15 janvier sur son site Internet, l’âge moyen à l’accouchement en France en 2012 s’élève à 30,1 ans. Un chiffre en constante augmentation.

L’âge moyen à l’accouchement ne cesse d’augmenter depuis 1977 dans toutes les régions. Depuis les années 60, les comportements liés à la fécondité ont beaucoup changé. Ce phénomène est dû principalement à l’allongement du temps des études et à la place croissante des femmes sur le marché du travail. Celles-ci ont leurs enfants de plus en plus tard dès le milieu des années 70 notamment pour les bachelières et diplômées de l’enseignement supérieur. Les femmes moins diplômées ont fait de même à partir des années 80. Quelles sont les conséquences dues à ce phénomène pour la mère et son enfant ?

Angélique Kosinski Cimelière, psychologue clinicienne pour enfants et adolescents, répond à nos questions.

 Selon vous, pourquoi les Françaises ont-elles des enfants de plus en plus tard ?

Dans la majorité des cas, les Françaises qui ont des enfants tardivement, sont celles qui privilégient leur carrière professionnelle et leur couple. Elles ont mis de côté l’idée de construire une famille et un jour elles « se réveillent »  et veulent faire un enfant avant qu’il ne soit trop tard. L’horloge biologique n’est pas la seule raison. La pression de l’entourage joue aussi un rôle tout comme l’envie d’être comme les autres femmes.

 

Avoir un enfant tardivement peut-il avoir des conséquences psychologiques sur lui et sur sa mère ?

Il y a des raisons pour que la mère ait privilégié sa carrière pendant toutes ces années. En général, elle porte moins d’intérêt à la famille. Elle considérait jusqu’à présent que sa famille se résumait à son couple. Elle va devoir se décentrer d’elle-même pour justement être à l’écoute de son enfant. Cela est très difficile car, pendant des années, elle se ne s’est occupée que d’elle et doit dorénavant tout planifier par rapport à son bébé. C’est une situation très déstabilisante. Plus la grossesse arrive tardivement, plus il sera difficile pour la mère de s’adapter à cette nouvelle situation et cela aura des répercussions sur la relation qu’elle entretient avec son bébé. Il peut y avoir un rejet pendant la grossesse ou dès l’accouchement. La mère regrette d’avoir fait un enfant et, à son arrivée, ne souhaite pas le voir ni le toucher. Il est préférable qu’elle ait ce sentiment pendant la grossesse car cela donne du temps au psychologue pour la préparer et cela a moins de conséquences négatives sur l’enfant. Dès les premiers instants de la vie, la relation mère-enfant appelée « narcissisme primaire », est capitale. C’est l’amour que la mère donne à son enfant dès sa venue au monde. Il va être structurant plus tard pour l’enfant au niveau de son estime de soi.

 

L’âge de la mère influence-t-il le développement de l’enfant ?

Chaque enfant passe par les stades de développement. L’âge de la mère ne peut pas aller à l’encontre de l’acquisition de chacun de ces stades. Néanmoins, on peut constater dans certains cas des différences. Selon l’âge, une mère peut être plus sensible pour une ou plusieurs acquisitions et utilise des procédés différents pour aider son enfant dans ses apprentissages. Par exemple, pour le langage, la maman de 40 ans peut privilégier la lecture d’une histoire le soir avant le coucher alors que la maman de 20 ans peut être plus sensible au sujet de la sociabilité de son enfant.

 

Comment cela peut-il se manifester en ce qui concerne l’éducation ?

 Tous les éléments ne vont pas contre une grossesse « tardive ». L’expérience de la vie d’une future mère peut l’aider dans nouveau rôle. Selon l’âge, une mère n’élève pas son enfant de la même manière. Elle n’a pas les mêmes attentes envers son enfant car l’éducation
est liée avec son vécu et sa situation. Une mère de 40-45 ans aura acquis plus d’expériences dans sa vie qu’une jeune fille de 18-20 ans et sera peut-être plus à l’aise avec son enfant quand ce dernier est voulu.

 

L’enfant peut-il souffrir du regard d’autrui ?

 Les enfants portent un jugement sur tout. La cour de récréation est un endroit « cruel » car il n’y a pas de barrières dans les paroles, pas de précautions verbales et les enfants disent les choses telles qu’elles sont ou telles qu’ils les pensent. Si un enfant à une maman plus âgée que celles des autres enfants, ces derniers feront forcément une remarque. C’est une autre situation que l’enfant doit apprendre à gérer. Encore une fois, si la relation mère-enfant et l’estime de soi de celui-ci sont bonnes, la situation sera moins difficile à vivre.

 

* Institut National de la statistique et des études économiques

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