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Une nouvelle étude américaine s’est intéressée aux conséquences de la télévision sur la santé. Les résultats ont révélé un lien étroit entre l’obésité et les enfants ayant une télévision dans leur chambre.

On savait que, par manque d’activité physique, les enfants qui regardaient trop la télé avaient plus de chances d’être confrontés à l’obésité en grandissant. Cette fois, c’est le fait qu’un enfant dispose d’une télévision dans sa chambre qui est remis en cause. Le rapport, publié mardi 11 décembre, dans le magazine American Journal of Preventive Medicine, fait état de ces effets néfastes sur la santé des enfants.

Une liberté qui rend obèse

Une vérité qui se confirme : sur 70% des enfants ayant une télévision dans leur chambre, un tiers est en surpoids ou a déjà atteint l’obésité. Réalisée sur une durée d’un an, auprès de 379 enfants âgés de 5 à 18 ans, l’étude menée par le Centre de Recherche biomédicale de Pennington (en Louisiane, Etats-Unis) a pris soin de prendre en compte tous les paramètres : âge, poids, niveau d’activité physique, cholestérol et alimentation. Le rapport explique que les enfants qui ont la télévision « en libre-service » ont deux fois plus de risques d’accumuler de la graisse autour du cœur et du foie. Mais l’obésité ne serait pas la seule conséquence sur la santé.

D’autres dangers

En effet, ces mêmes enfants multiplieraient par trois les probabilités d’être victimes de maladies cardiaques et de diabètes. De plus, disposer d’une télé dans sa chambre participe automatiquement à ce que l’enfant qui en dispose la regarde plus que les autres. Cela a également un impact néfaste sur le sommeil, les repas familiaux et cadrés qui sont délaissés et qui favorisent donc les facteurs d’obésité.

Le pédopsychiatre, Stéphane Clerget, nous en dit plus sur l’addiction des enfants à la télévision.

PsychoEnfants : Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont-ils plus accros aux écrans que ceux d’hier ?

Stéphane Clerget : Le temps passé devant la télévision n’a cessé d’augmenter. Si le temps passé devant la télé s’est stabilisé, s’il a même un peu diminué chez les adolescents, c’est parce qu’en revanche il y a un accroissement du temps passé devant les jeux vidéo et l’ordinateur. Il y a de plus en plus d’écrans accessibles, de plus en plus de postes de télé dans les foyers. Un autre facteur est la baisse de l’accessibilité aux zones de jeux extérieurs. Enfin, nous vivons également une période où l’urbanisation et le sentiment d’insécurité vont croissants, les enfants jouent moins dehors.

P.E. : Pourquoi les parents se sentent-ils si démunis pour limiter le temps passé devant l’écran ?

S.C. : Pour commencer, les parents n’ont pas forcément conscience du caractère préjudiciable d’un excès d’écran, ils connaissent mal les répercussions et les incidences en termes de développement psychique. Ils ne savent pas en quoi c’est toxique. De plus, ils n’ont souvent pas d’alternative à proposer. Il y a de moins en moins de prise en charge collective dans les quartiers, dans les maisons de la jeunesse, mais également moins de possibilité d’accéder gratuitement à des loisirs ou à des infrastructures sportives. Ils ont également des difficultés à occuper leur enfant à l’extérieur alors qu’eux-mêmes passent souvent beaucoup de temps devant les écrans. Ils aiment la télévision, ont besoin de la regarder et ont du mal à s’occuper autrement. Ils ont parfois souffert eux-mêmes de parents qui les ont empêchés de regarder la télé et ne souhaitent pas faire subir la même chose à leur enfant. Les parents sont en mal d’inspiration pour occuper leur enfant autrement, surtout lorsqu’il y a séparation et que les pères se retrouvent seuls avec lui et qu’ils n’ont jamais appris à l’occuper.

P.E. : Qu’en est-il de la difficulté à dire non ou stop ?

S.C. : Les parents ont du mal face à la frustration, car eux-mêmes ne supporteraient pas d’arrêter de regarder la télé ou d’en voir leur usage limité. Ils ont peur de priver leur enfant d’écran car pour eux cela serait très violent. Ils craignent sa réaction car ils la comprennent et savent qu’ils vont avoir du mal à rester fermes. Face aux arrêts brutaux de télévision on assiste d’ailleurs parfois à des réactions de manque proches de celles d’un sevrage : agressivité, agitation… Il y a une véritable addiction psychique à la télévision. Les parents en difficulté sont souvent eux-mêmes également dépendants de la télé.

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