maison naissance

Depuis plusieurs années, les maisons de naissance font l’objet de nombreuses expérimentations   en France.  A l’heure actuelle, la loi n’admet pas l’accouchement physiologique*, mais aujourd’hui la roue tourne. Le Collège National des Gynécologues et Obsétriciens Français (CNGOF) s’est récemment prononcé en faveur du projet. Explications.Quand la grossesse ne présente aucune complication, certaines mères peuvent accoucher sans intervention médicale. Un suivi de proximité, une atmosphère chaleureuse, une sage-femme référente : nos voisins francophones ont déjà franchi le pas des maisons de naissance. La France, elle, attend l’aval des autorités politiques et médicales pour permettre aux femmes d’accoucher de manière autonome. Et accompagnée.Proposer l’alternative


Dans l’hexagone, les demandes d’accouchement physiologique sont en hausse. De récentes expérimentations font aussi levier en Ile-de-France. « Depuis 2006, nous prenons en charge 100 mamans par année, pour 150 personnes refusées », précise Nathalie Chevalier, l’une des sages-femmes fondatrice d’une filière type « maison de naissance   » à la maternité de Pontoise.

En réponse, le CNGOF vient de proposer deux projets expérimentaux à l’échelle nationale. Entre autre, une « unité sage-femme » attenante à la maternité qui permet un transfert direct de la maman et de l’enfant en cas de besoin. En parallèle seront testées les « maisons de naissance types », gérées par des équipes pluridisciplinaires et complètement intégrées au plateau technique. À cette heure en France, cinq projets de maisons de naissance sont déposés auprès du CNGOF. « L’administration, les sages-femmes, les gynécologues doivent se mobiliser pour faire progresser la prise en charge de l’accouchement physiologique », a précisé le Pr. Bernard Hédon, président du Collège.

Ecouter maman


Accoucher avec ou sans intervention médicale, c’est rendre les parents acteurs de la prise en charge, leur offrir la possibilité de choisir, d’être plus autonomes dans ce moment intime. L’accouchement physiologique, souvent assimilé à un manque de sécurité, est pourtant très encadré. « Au cours de la grossesse, des consultations régulières éliminent toutes les contradictions pernatales (complications pendant l’accouchement, Ndlr) », souligne Christiane David, sage-femme à la clinique La Sagesse à Rennes.

En cas de complication pendant l’accouchement, le transfert de la maman et de l’enfant sur le plateau technique est automatique. « Quand la grossesse et l’accouchement le permettent, les équipes médicales doivent lâcher prise avec le tout médical », précise Christiane David. Pour la future mère, c’est ressentir et affirmer sa confiance en elle, en son conjoint et la sage-femme. En maison de naissance, l’accouchement non assisté répond à la volonté de la mère. « Elle aura naturellement confiance dans l’équipe qui l’entoure » avance Myriam Szejer, pédopsychiatre et psychanalyste***.

Question d’assurance émotionnelle

Pour cela, le couple et le corps soignant doivent être dans la même démarche. «  À la naissance, les émotions des parents se mêlent entre la joie et l’appréhension. Pour les soignants, laisser vivre ce moment aux parents librement tout en étant présents, c’est écouter leurs envies. « Être là, bienveillant, mais ne pas intervenir, c’est respecter leur propre ressenti ». Il s’agit d’accompagner la naissance plus que de l’assister.

Rester ouvert

Se pose aussi la question de l’attachement entre la mère et l’enfant, de la sérénité qui émane de la grossesse et de l’accouchement libre, accompagné. « Les enfants peuvent être plus calmes, mais tout dépend des situations, la naissance est un projet, pas un schéma », ajoute Myriam Szejer. Un avis que partage Magali, future maman française venue de Suède pour accoucher à Paris. « Au départ, je voulais plus de sécurité donc je me suis inscrite en clinique. Mais aujourd’hui mon avis s’est assoupli. Si on me proposait un accouchement plus naturel, je dirais oui sans hésiter ».

* Accouchement physiologique :  sans intervention médicale.

** Extrait du débat public « Maisons de naissance  : où en sommes-nous   ?   » organisé à Rennes le 24 novembre 2012.

***   Myriam Szejer est l’auteur de l’ouvrage   Les femmes et les bébés d’abord, Albin Michel.

http://www.psychoenfants.fr/actus-fr_Maisons_de_naissance___bientot_autorisee_108065.html

 

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