boy and a girl playing video game

Une étude européenne conduite par Ipsos, en partenariat avec l’ISFE*, a analysé le comportement des joueurs de console… et de leurs parents ! En France, 44% d’entre eux partagent ce loisir avec leurs enfants.

En se penchant sur le comportement des joueurs, les résultats de cette étude démontrent que le jeu vidéo n’est plus uniquement considéré comme néfaste et enfantin. À l’heure où les enfants évoluent la tête dans leur console, les adultes y trouvent aussi un certain plaisir.

Un moment familial

Considéré un temps comme perturbateur, le jeu vidéo est désormais plus que cela. Aujourd’hui, 65% des parents avouent avoir des enfants « gamers ». Parmi eux, 44% jouent avec leurs enfants et 38% considèrent ce temps comme un « moment en famille». Car aujourd’hui, les jeux vidéo sont tout public. Ainsi, 30% des parents jouent avec leurs enfants aux jeux vidéo car ils considèrent cette activité comme « amusante pour toute la famille ».

Néfaste ?

Utilisés à l’excès, les jeux vidéo peuvent être néfastes. Pourtant, 71% des parents estiment que les enfants s’amusent davantage avec les jeux vidéo. Mais 54% d’entre eux considèrent que cela amène à un enfermement. Concernant l’impact sur leur comportement, 35% des parents trouvent que les jeux vidéo rendent les enfants plus agressifs tandis que 41% ne déplorent pas de changement sur leurs enfants.

Stéphanie Bioulac, pédopsychiatre, co-auteure de La dépendance aux jeux vidéo et à l’Internet (Dunod), a accepté de répondre à nos questions.

PsychoEnfants: Quelle place a le jeu vidéo dans notre société ?

S.B.: Les technologies de l’information et de la communication font partie des loisirs et de l’environnement global des enfants et adolescents. On ne peut plus faire sans, ni les supprimer.

PE: L’étude révèle que de plus en plus de parents partagent ces jeux avec leurs enfants…

S.B.: Ce partage entre enfants et parents est très important. L’excès provient souvent d’un manque général de partage d’activité avec la famille. Dans notre prise en charge, nous poussons les parents à jouer avec l’enfant. C’est un comportement favorable. Il ne faut pas avoir peur de ces nouvelles technologies.

PE: Quelles conséquences cette incursion des jeux vidéo a-t-elle sur la vie de famille ?

S.B.: Il est important d’intégrer les jeux vidéo dans la vie de famille.  Mais, comme dans la vie quotidienne, il faut fixer des règles. Il n’est pas question de supprimer l’usage mais de le modifier. Il est aussi important de faire jouer ses enfants avec des jeux réservés à leur tranche d’âge, ne pas avoir la console ou l’ordinateur dans la chambre, maintenir une surveillance… Souvent, les parents arrivent à la consultation quand cela fait bien longtemps déjà que les règles de la maison ne sont plus respectées.

PE: Les parents ont-ils quelque chose à gagner à jouer ?

S.B.:  Oui, beaucoup. Les jeunes n’ont pas cette anxiété face aux nouvelles technologies. Il est donc d’autant plus intéressant de se servir de leurs compétences. On inverse les rôles : l’enfant va pouvoir apprendre quelque chose à ses parents. On est dans un comportement où l’enfant est valorisé. C’est lui qui va gagner, choisir le jeu et donc prendre une place qui l’aide à se construire et prendre confiance.

PE: Le jeu vidéo est-il nuisible au développement de l’enfant ?

S.B.: Absolument pas. Il ne faut pas le considérer comme le « mal du siècle ». Il y a de nombreux aspects positifs. Des études ont montré que les jeux vidéo pouvaient développer les compétences des enfants. Il y a d’autres bienfaits comme améliorer la capacité d’attention, notamment chez les enfants autistes. Mais les sociétés de jeux vidéo devraient se tourner davantage vers les psychologues du développement pour créer des jeux. Il y a un vrai avenir dans la création d’outils adaptés pour améliorer les compétences des enfants.

PE: Comment se rend-on compte que son enfant est dépendant aux jeux vidéo ?

S.B.: Lorsque l’enfant n’a plus le choix de s’arrêter de jouer. C’est-à-dire l’enfant qui va se lever une heure plus tôt, faire des crises comportementales quotidiennes…

Comment agir ?

Il faut demander l’aide d’un spécialiste. Il y aura alors une évaluation psychiatrique afin d’évaluer un trouble sous-jacent : la phobie sociale, une dépression, un déficit de l’attention… Un de ces troubles peut influencer la consommation excessive. Il n’y a pas de stratégies thérapeutiques propres à l’excès de jeux vidéo. Un spécialiste saura adapter sa thérapie par rapport au trouble sous-jacent observé.

* Interactive Software Federation of Europe

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