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Atteindre l’ivresse le plus rapidement possible, cette conduite à risque, pratiquée par un nombre croissant de jeunes, porte un nom : le  » binge drinking « . En cause ? L’environnement social voire l’influence de l’entourage. De récentes recherches* pointent également le facteur génétique pour expliquer ces excès réguliers. Explications.
Boire un maximum d’alcool le plus rapidement possible. Aujourd’hui, de plus en plus d’adolescents s’adonnent à la pratique du « binge drinking ». Plusieurs facteurs environnementaux sont déjà connus, entre autres, l’effet de mode et le goût du défi conjugués aux effets de la dynamique de groupe. Une récente étude menée par des chercheurs de l’institut de Psychiatrie du King’s College de Londres pointe également le terrain génétique pour expliquer ce comportement. Les jeunes seraient-ils prédisposés à consommer de l’alcool sans modération ?L’hormone du plaisir

Cette étude s’est attachée à observer les mécanismes cérébraux déclenchés par la consommation excessive d’alcool. L’objectif : démontrer le lien entre génome, stimulation hormonale et comportement social. Les chercheurs ont donc observé la consommation d’alcool chez 663 jeunes de 14 ans, pas ou peu exposés à ces boissons. Un test similaire a été effectué sur ces mêmes adolescents à l’âge de 16 ans. Les résultats annoncent une prédisposition particulière pour le « binge drinking » chez ceux qui possèdent une variation du gène RASGRF-2.

Perdre le contrôle

En buvant à outrance, le jeune se laisse complètement aller pour boire plus que les autres. À cet instant, une décharge de dopamine, hormone du plaisir et du défi, est sécrétée dans l’organisme. Cette même hormone est justement libérée par l’expression du gène RASGRF-2. « Quand il s’exprime, ce gène apporte un sentiment de récompense plus important avec l’alcool, ce qui accroît ainsi le risque d’abus chez les personnes ayant ce variant » détaille le Professeur Günter Schumann, auteur principal de l’étude. Cette hypothèse validée permettrait de réduire le risque de dépendance chez les jeunes, en intervenant notamment sur la prévention des pulsions addictives.

A l’écran

Ce mardi 11 décembre,  sur France 5, Enquête de Santé **  consacre une émission sur l’ivresse excessive des jeunes. Un œil médical et social pointu précisément anglé sur ce phénomène qui inquiète, à travers reportages et avis d’experts.

* Etude menée par le King’s College de Londres Publiée le 3 décembre dans Les Actes de l’Académie américaine des Sciences (PNAS). http://www.eurekalert.org/pub_releases/2012-12/kcl-rfk113012.php

** Enquête de Santé, reportage France 5. Mardi 11 dÈcembre, à 20 h 35.

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