En France, 60 000 à 65 000 nourrissons naissent prématurés chaque année. Ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les origines du trouble sont diverses avec en tête de liste, les effets de la précarité et le manque de soins adaptés. Récemment formé, le « Collectif prématurité » s’est fait l’écho, lundi 12 novembre, de ces facteurs dits à risque. Explications.

Niveau de vie, situation géographique, état de santé : ces trois facteurs ont un lien direct avec l’évolution inquiétante de la prématurité en France. En réponse, le « Collectif prématuré » fait entendre sa voix. Son objectif : sensibiliser les autorités face à un suivi médical inégal entre les régions de France métropolitaine.

La précarité en cause

Dans certains départements autour de Paris et dans les Dom-Tom, le nombre d’enfants nés avant terme est 2 à 3 fois plus élevé que la moyenne nationale. Plus inquiétant, les chiffres de la mortalité infantile reflètent le même écart. Un niveau de vie précaire augmente les risques de prématurité. Charlotte Bouvard, présidente de l’association « SOS préma » en convient. Intégrée au Collectif Préma, elle précise le lien entre le lieu de vie et l’inégalité du suivi médical. « Accoucher au nord de la France ou dans le sud ne revient pas au même, tant au niveau de la prise en charge des familles que du soin apporté aux enfants », a-t-elle expliqué ce lundi au micro de France Info. La disparité géographique remet sur le tapis une question préoccupante : celle d’une offre de soins insuffisante et mal répartie sur l’ensemble du territoire.

Un autre facteur vient expliquer l’évolution malheureuse de cette situation : les conditions matérielles à l’hôpital ne permettent pas d’assurer les soins nécessaires. Le « Collectif Préma » pointe aussi le manque de place en soin intensif. Le besoin d’intimité est pourtant essentiel pour créer un lien entre la mère et l’enfant.

Une question d’environnement

Tabagisme, obésité et naissances multiples ont aussi une incidence sur la prématurité des nourrissons. En considérant ces causes avérées, l’union est au programme. Pour se faire entendre, le Collectif Prema, composé de la « Société française de néonatologie » et de l’association « SOS préma » entend faire bouger les lignes politiques. Échanges et propositions devraient permettre de développer la prévention et l’information auprès des futures mamans pendant leur grossesse. Le collectif propose aussi une meilleure coordination des services de soin en néonatologie, et plus particulièrement l’amélioration de l’accueil des enfants et des familles dans ses unités.

Améliorer le suivi

Aujourd’hui, 30 % des enfants prématurés naissent dans une unité de soins inadaptée. Un environnement spécifique est pourtant primordial pour aider un bébé prématuré. Le suivi médical après, voir bien après la naissance, est aussi très important : la psychomotricité, l’orthophonie ou la psychothérapie sont par exemple des soins bénéfiques pour un enfant prématuré en pleine croissance. Jusqu’à l’âge de 7 ans environ, les bienfaits sur son comportement et ses capacités d’apprentissage en dépendent.

Publicités