Vincent Peillon, ministre de l’Éducation Nationale, a lancé un groupe de réflexion sur l’éducation sexuelle à l’école. Son souhait : qu’elle ne soit plus abordée uniquement sous l’aspect préventif mais évoquée sous l’angle relationnel et affectif. Mais si en France l’éducation sexuelle peut être taboue, en Europe ou ailleurs, l’apprentissage de cette notion est tout aussi étonnant.

État des lieux

Quand parler de sexe aux enfants, et surtout, comment ? C’est le débat que Vincent Peillon veut mettre en place. Jusque-là, c’est au collège que l’on abordait les premières questions sur la sexualité. Un rapide tour d’horizon de la découverte des appareils génitaux et un cours de deux heures sur la reproduction humaine, et s’en était fini de l’éducation sexuelle à l’école. Certains collèges et lycées recevaient quand même des associations, qui, dans un but préventif, venaient expliquer aux jeunes adolescents l’existence et le fonctionnement d’une pilule ou d’un préservatif. Les sentiments? L’amour ? Silence absolu. Le sexe n’est abordé que sous la forme d’une prévention et d’un aspect dangereux. Comme un piège dans lequel il ne faut pas tomber.

Et ailleurs ?

D’autres pays ont une manière bien personnelle d’éduquer leurs enfants à la sexualité. Car si la France fait du sexe un tabou, d’autres le considèrent comme honteux. L’éducation sexuelle en Pologne est dispensée par des prêtres et est abordée dans le cadre de la création d’une famille, sinon c’est l’abstinence qui est prônée. Des cours peu informatifs qui ont provoqué un fort absentéisme. Ainsi, seulement 40% des jeunes Polonais assistent à ces cours. Mais c’est en Suisse que l’apprentissage de l’éducation sexuelle est le plus stupéfiant. A base de pénis en bois et de vagins en peluche contenus dans une « Sex box », les enfants apprennent la sexualité. Un support de cours qui gêne. Une pétition, « contre la sexualisation de l’école publique », allant contre cette pratique à l’école a recueilli plus de 91 000 signatures. Certains en font trop, d’autres pas assez.

L’étrange cas Iranien

En Iran, où la Saint Valentin est interdite, un DVD d’éducation sexuelle connaît un étrange succès. Dans ce pays où flirter en public est interdit et où la police des moeurs sévit, l’éducation sexuelle est loin d’être une évidence. Pourtant, depuis quelques mois, c’est bien ce DVD d’éducation sexuelle, « partenaire chéri », qui rencontre un succès fulgurant dans les pharmacies. Généralement la nudité et les propos crus sont automatiquement censurés, pourtant ce DVD a finalement reçu l’approbation des ministères de la Santé, de la Culture et de la Foi. L’ambition du producteur de proposer aux jeunes Iraniens un DVD sur l’apprentissage de la sexualité a payé. Interdit au moins de 18 ans, le film, vendu à 4 dollars est un succès.

À l’école, mais dans la vie ?

Si l’éducation sexuelle à l’école est une priorité dans le planning de Vincent Peillon, elle n’est pas pour autant le seul endroit où elle doit être évoquée. Les parents doivent aussi ouvrir le dialogue, se montrer présents et rassurants sur le sujet. Si l’on fait facilement du sexe un tabou, il est important que l’enfant se sente en sécurité lorsqu’il a une question sur le sujet afin qu’il puisse s’adresser à ses parents, à la pharmacie, à son médecin, librement et sans honte.

Quelques liens utiles :
www.educationsexuelle.com

www.educationsensuelle.com

www.masexualite.ca

www.planning-familial.org

Publicités