Aujourd’hui en France, une femme sur deux fait le choix de ne pas garder un enfant au cours de sa vie. Jusque-là, l’Assurance Maladie remboursait intégralement l’IVG* pour les mineures. Le 26 octobre, le gouvernement a voté une loi allant vers une prise en charge totale de son financement par l’assurance maladie et ce quelque soit l’âge de la femme.

Chaque année, 12 000 jeunes âgées de moins de 18 ans ont recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Légale depuis 1975, cette pratique était gratuite pour les mineures, mais remboursée à hauteur de 75 % pour les femmes majeures.

Disposer librement de son corps

C’est un droit que les corps médicaux et législatifs savent encadrer en France. Face à une loi qui doit évoluer avec sa société, le débat se nourrit de questions. Accès aux soins, conservation de l’anonymat et respect du choix de la femme se greffent au projet de loi. Une faible partie de la droite a voté contre cette loi : la gratuité de l’IVG serait un pas vers la banalisation d’un acte qui doit rester exceptionnel. Dans la loi, le remboursement des contraceptifs aux personnes mineures a également été adopté fin octobre. À savoir : la gratuité des préservatifs, pilules, stérilet est mise en place dans les centres de planification depuis 1975.

Des situations différentes

En France, l’IVG est une pratique légale depuis 37 ans. Elle concerne les femmes à des âges et dans des situations très différentes. Pourtant, aborder le sujet reste tabou. N’en parle-t-on pas assez ? Qu’est-ce qui rend le débat compliqué ? Ces mesures et lois sont écrites pour encadrer des décisions très personnelles, qui divergent et se vivent au cas par cas. D’où la nécessité de faire la part des choses entre dispositif d’aide médicale (prise en charge, paiement, suivi…) et projet de vie de la femme (désir de ne pas garder l’enfant, équilibre psychologique…). Pour les plus jeunes, les mesures de prévention sont au programme. Un plan éducatif a récemment été proposé par le ministre de l’éducation Vincent Peillon. Son objectif : assurer une sensibilisation à la sexualité dès l’école.

Moins de contraintes

Aujourd’hui, un IVG coûte entre 250 et 400 euros, selon la méthode pratiquée**. Le rendre gratuit permettra aux jeunes de disposer de leur liberté entière. Le plus proche planning familial est parfois trop éloigné de la maison. À cela s’ajoute un obstacle majeur : la difficulté de pouvoir dire les choses à son entourage. Un avortement n’est « jamais un acte anodin » pour une femme, a déclaré la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui a évoqué un « choix de santé publique ». Les IVG peuvent être vécus comme un tournant, un deuil, un passage. L’appel à la raison et à la conscience est donc lancé par la validation de cette loi. Le remboursement total de l’IVG est proposé pour le confort de vie des femmes. Pour leur vie amoureuse, leur vie tout court.

* Interruption Volontaire de Grossesse
* Intervention chirurgicale ou médicamenteuse

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