Votre enfant vient d’avoir 4 ans ? Pour sa bonne santé mentale, il peut dès à présent entrer dans le monde des livres. Une étude* américaine vient de confirmer l’incidence de la lecture sur le développement du langage et de la pensée.

Le développement du cerveau d’un enfant est plus rapide s’il est en contact régulier avec les livres. A un niveau de vie social et économique équivalent, des chercheurs américains ont observé la place des livres dans le quotidien des enfants. A 4 ans puis à 8 ans, les enfants ont effectué des scanners du cerveau.
Résultat ? Ceux qui ont eut accès aux livres dès 4 ans ont connu un meilleur développement mental que les autres. Ces effets s’étendent jusqu’à l’âge adulte : de quoi démontrer l’influence de l’environnement intellectuel sur le développement cérébral de l’enfant.

Stimuler les sens

Lire et faire lire a un impact positif sur l’intellect et l’expression de l’enfant. Ses sens sont sollicités, son cerveau enregistre : entendre les mots, les sons, la syntaxe d’une phrase, voir et percevoir les images, couleurs et formes, sentir l’odeur d’un livre. Entre la formulation intérieure de mots, la construction d’idées et sa retranscription à l’oral, l’enfant fait le lien entre penser, lire et parler. Ce processus relève de l’apprentissage. Les sons, les phonèmes perçus par l’oreille, donnent la matière à l’enfant pour qu’il compose des phrases. Le cerveau code le message, son appareil vocal se charge ensuite de retranscrire l’idée à l’oral. Tout un enchaînement  permis par la souplesse et l’adaptation du cerveau.
Un cortex plus fin

Au contact des livres, l’enfant comprend, se construit, grandit. Mais dans la tête, ça se passe comment ? Les chercheurs américains ont mis en avant la plasticité du cerveau pour expliquer le lien entre stimulation visuelle et développement de la pensée et du langage. Quand l’enfant écoute une histoire et regarde les images, la partie latérale gauche du cortex, aire du langage et de la pensée, est stimulée. En réponse, le cortex s’affine. Et plus ce dernier est fin, plus l’information se diffuse rapidement entre les cellules neuronales. En fait, les cellules essentielles à la mémoire de l’enfant chasseraient les données inutiles, un peu comme si la fameuse mémoire sélective résidait dans cette zone du cerveau.
Plus réceptif que passif

4 ans, c’est aussi le moment ou les pourquoi et les comment débarquent à la maison. Raconter des histoires à vos enfants, c’est lui donner de la matière pour cogiter et se poser des questions sur le monde qui l’entoure. A partir de ce bagage, c’est à 5 ans qu’il va pouvoir s’exprimer, faire le lien entre ses mots et le contexte dans lequel il évolue. Son expression va s’assouplir, son vocabulaire s’enrichir. Cette phase du développement est consolidée quand la mécanique de la lecture vient huiler le système.
Contrairement à l’écran télévisé, lorsqu’il écoute une histoire, l’enfant se concentre pour capter le message. L’attention visuelle et la stimulation auditive sont sollicitées. Les capacités cognitives (perception, compréhension et réaction) se développent. Devant la télé en revanche, l’enfant reçoit l’information sans avoir à se concentrer. Le cerveau est stimulé, mais ses capacités de compréhension et de réflexion nettement moins engendrées. Reste à découvrir l’impact des livres numériques sur le développement cérébral de l’enfant …
 Un esprit sain dans un corps sain

De 3 à 5 ans, le cerveau de l’enfant fonctionne à plein régime. A 4 ans, son métabolisme est 2 à 3 fois important que celui d’un adulte. Les besoins en glucose augmentent constamment jusqu’à l’âge de 10 ans. Une alimentation équilibrée, un environnement stimulant et un bon sommeil sont donc les bases sur lesquelles les parents peuvent agir pour l’enfant. Pour entretenir son épanouissement intellectuel et ses capacités d’attention, une lecture régulière est toujours la bienvenue.
3 conseils pour lui donner envie de lire
– Prendre le temps de lui raconter des histoires en lui montrant les images, en le regardant pendant que vous parlez. Rien ne vous empêche d’inventer, de mimer, l’imagination et la créativité suivent.
– Si vous en avez la possibilité, allez avec votre enfant, de 4 à 18 ans ( il n’est jamais trop tard ! ) à la bibliothèque en le laissant toucher, ouvrir puis choisir ses livres.
– Ramener des livres à la maison, dans le salon, dans la chambre. Plus l’enfant trouvera imagiers, romans ou bandes-dessinées sur son passage, plus son cerveau se dira  » tiens, un livre … « . La plongée dans les pages sera ainsi quasi assurée…

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