Depuis quinze ans, le 22 octobre, c’est la journée mondiale du bégaiement. L’occasion d’en savoir plus sur ce trouble du langage qui touche les enfants, les adolescents mais aussi les adultes. Si on ne sait pas encore définir ses origines, des solutions existent pour améliorer les capacités de prononciation. Explications.

Qu’est-ce que le bégaiement ?

En France, la parole désorchestrée, ou bégaiement, touche 650 000 personnes. Ce trouble phonétique entraîne des difficultés dans l’interaction. Il apparaît entre 2 et 5 ans, parfois à 7 ou 8 quand le diagnostic est réalisé tardivement. Il peut aussi se déclarer à l’âge de l’adolescence ou chez les adultes, à la suite d’un stress important ou d’un stress psychologique.

Qui est concerné ?

1% de la population mondiale est touchée. En France, tous âges confondus, ce sont les garçons qui sont les plus touchés (trois garçons pour une fille en souffrent). Chez l’enfant, les moqueries et l’incompréhension peuvent rendre le quotidien particulièrement difficile. Les enfants bègues ont une prédisposition à le rester à l’âge adulte s’ils ne sont pas pris en charge.

D’où vient le bégaiement ?

Par quoi peut être généré le trouble ? Actuellement, les origines du bégaiement ne sont pas clairement définies. On sait que les premiers symptômes apparaissent souvent lors de la phase d’acquisition du langage. Pour beaucoup, une source de tension entraîne un blocage pour coordonner la parole. Physiologiquement, ce trouble de la communication peut s’expliquer par une tension, une crispation des cordes vocales pour  » chasser  » une expérience émotionnelle.

Les facteurs qui déclenchent le bégaiement sont liés à des circonstances ou traumatismes vécus, rencontrés par l’enfant. Quelque chose qui ne passe pas, mais qui peut passer en permettant à l’enfant de mettre des mots sur ce moment, en parlant avec lui. Il s’agit pour l’enfant de trouver la clé de la confiance en soi, de se poser pour prendre le temps.

Comment le dépister ?

Il est possible de contrôler ces troubles du langage. On ne naît pas bègue, on construit son bégaiement. Chez l’enfant, les accidents de parole sont dits normaux jusqu’à l’âge de 6 ou 7 ans. Ensuite, si le trouble devient chronique, la question du bégaiement peut se poser. Quelques signes observables permettent d’envisager une prise en charge :

– En petit comité, l’enfant persiste, insiste pour formuler une phrase, mais n’y parvient pas souvent.

– Devant les inconnus, l’enfant ne parle pas ou très peu.

– Il est conscient de sa difficulté, et l’exprime par la nervosité ou la colère.

– Il ne peut s’exprimer comme il le voudrait. Ses sentiments sont plus forts et parfois contrastés : tristesse récurrente, timidité, élan excessif à l’interaction, silences prolongés.

Comment ça se soigne ?

En cherchant à contrer seul ses difficultés de prononciation, l’enfant a de plus en plus de mal à parler de manière fluide. C’est pourquoi une prise en charge spécialisée dans le temps est nécessaire. Les méthodes doivent être adaptées à chaque personne. S’il n’existe pas de méthode miracle, les thérapies phonétiques et psychologiques font leurs preuves. Plus l’intervention est précoce, plus les progrès sur la prononciation évoluent stablement.

3 conseils pour faciliter le quotidien de votre enfant :

– A la maison, essayez de lui épargner les situations stressantes. Ne lui dites pas de faire plusieurs choses à la fois. S’il veut vous aider à cuisiner ou à ranger, donnez lui les instructions l’une après l’autre pour qu’il ne s’emmêle pas les pinceaux. La coordination dans le langage suivra ;

– A l’école, vous pouvez en parler à l’enseignant, sans pointer le doigt sur le comportement différent de votre enfant. Il se peut qu’il réagisse de manière différente entre la salle de classe, la récréation et la maison.

– Apprendre à maîtriser son élocution par des séances chez l’orthophoniste est une solution. C’est un travail qui prend du temps mais permet de comprendre et donc d’agir sur les causes et mécanismes du trouble.

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