Fumer est toxique pour la santé, surtout en conduisant. Les particules fines (Ppm), contenues dans la fumée de cigarettes, seraient les principales responsables. En voiture, leur présence multiplie par trois le taux de pollution fixé par l’OMS pour conserver une qualité de l’air intérieur.

Une cigarette au volant ? Un plaisir, un réflexe pour les adultes. Mais quand votre enfant est assis juste à côté, il aspire aussi la fumée. Les conséquences sont directes : le taux de Ppm émis dans l’air, directement lié à l’allumage d’une cigarette, est 10 fois plus important dans les voitures de fumeurs. C’est en tout cas le résultat d’une étude rendue publique ce mardi par des chercheurs britanniques*. Parmi les 83 trajets observés, le taux de particules fines montait à 85  µg/m3  pour les trajets fumeurs, contre 7,4 µg/m3 en moyenne dans les voitures saines. Le taux maximal a été enregistré à 385 µg/m3 pour un point culminant atteint à hauteur de 880 µg/m3. Il faut savoir que selon l’OMS, sur une journée, le seuil moyen ne doit pas dépasser 25 µg/m3.

« Les enfants sont les plus à risque »
Depuis 2010, l’Académie de Médecine pointe la fumée de tabac comme la  « source de pollution la plus dangereuse de l’air domestique ». Les premiers touchés ? Les enfants. Le danger est réel. En respirant involontairement la fumée, ils inhalent environ 4000 substances toxiques. Selon le Dr Sean Semple, directeur de l’étude britannique « les enfants sont les plus à risque car ils ont une fréquence respiratoire plus rapide et un système immunitaire moins développé et ne peuvent s’éloigner de la source (du tabagisme) qu’ils soient à la maison ou dans une voiture ». Le problème est que les mauvaises particules restent en suspension pendant trois heures dans l’air environnant. Ouvrir les fenêtres, ventiler, lancer la climatisation ou écraser sa cigarette ne suffit pas à maintenir sain l’air ambiant.

60 000 à 100 000 enfants touchés chaque année
La fumée qui se dégage entre deux prises est plus nocive que celle inhalée par le fumeur. La raison ? Elle contient davantage de toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d’azote…) et de substances cancérogènes (goudrons, benzène…). Selon la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, on recense chaque année 60 000 à 100 000 cas d’enfants touchés par des maladies d’origine tabaccologique, qui trouvent leurs origines dans l’inhalation de fumée. Une centaine en décèdent. On retrouve des troubles chroniques : bronchite, toux, asthme, otites à répétition… Plus grave, les affections chroniques présentent aussi un risque majeur comme la mucoviscidose. Le risque de mort subite du nourrisson serait multiplié par 3, selon le Professeur  G. François, du service de pédiatrie générale de Saint Luc. (Belgique) **.

Des pathologies invisibles
Le tabagisme passif est insidieux, ses effets directs ne se voient pas toujours. Un risque physiologique a été récemment démontré par une équipe de chercheurs canadiens. L’inhalation secondaire entraîne chez l’enfant un syndrome de dépendance. Par ailleurs, la mémoire olfactive et sensorielle sont aussi sollicitées. Si vous fumez au volant en poussant la chansonnette ou en parlant avec votre enfant, il assimilera le son, votre présence et donc l’odeur de la cigarette, à un bon moment. Son cerveau et ses cinq sens retiendront la présence d’une cigarette comme une chose agréable, saine. Un facteur qui accroît les chances pour le nourrisson de devenir fumeur à l’âge adulte. Un conseil ? Arrêter pour que votre enfant grandisse en bonne santé.

* Étude réalisée en Grande-Bretagne sur 83 trajets d’une durée de 27 minutes, sur un échantillon de 34 fumeurs. Les résultats ont été publiés dans la revue Tobacco Control.

**http://www.pediatrie.be/MSNTabac.htm

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