Ils sont plus diplômés et gagnent mieux leur vie que leurs parents, mais ils réussissent moins que les français dits « de souche ». La situation des 6,7 millions d’enfants d’immigrés s’est améliorée mais reste difficile, notamment en raison des discriminations dont ils font l’objet.



De moins bons résultats scolaires



D’après les chiffres rendus publics mercredi par l’Insee, les enfants d’immigrés auraient de moins bons résultats scolaires que les autres français. En effet, ils ne comptent que 61 % de bacheliers, contre 68 % pour les non-immigrés. Mais il faut savoir que ces derniers sont à 70 % des enfants d’ouvriers, contre 40% de la population majoritaire. À catégorie socio-professionnelle identique, ils réussissent aussi bien que les autres Français, analyse l’Observatoire des inégalités.

 L’ascenseur social en panne ?

Selon l’étude, les enfants d’immigrés seraient plus nombreux  que l’ensemble des personnes de 20 à 35 ans ayant été scolarisées en primaire en France (18% contre 12%) à ne pas avoir de diplôme du secondaire (CAP, BEP ou bac). Ce taux atteint 32% chez les enfants d’immigrés turcs, 24% parmi les descendants d’immigrés algériens et 22% parmi ceux d’Afrique subsaharienne. En revanche, ce taux est nettement plus faible parmi les enfants d’immigrés européens (12%) et plus encore pour les enfants de l’immigration sud-asiatique, qui sont en «sur réussite». Malgré ces difficultés, les enfants d’immigrés sont plus diplômés que leurs parents, accèdent davantage à des postes de cadres supérieurs et gagnent mieux leur vie. L’ascenseur social est en marche, tout dépend de quel point de vue on se place !

 9 sur 10 ont le sentiment d’être français

L’enquête « Immigrés et descendants d’immigrés en France » a également le mérite de briser quelques idées reçues. Les fils et filles d’immigrées ne crachent pas sur le drapeau français : 90% d’entre eux ont le sentiment d’être français. En revanche, ils ne sont plus que les deux tiers (67%) à estimer qu’on les regarde en tant que français, comme si leur couleur de peau ou leur accent les en empêchait. Force est de constater que des progrès restent à accomplir, car ces enfants de la deuxième et troisième génération doivent toujours faire face à des barrières dressées en raison de leurs origines. En effet, plus d’un quart (27%) d’entre eux se disent victimes de discriminations, soit autant que les immigrés eux-mêmes (leurs parents, ndlr). Des discriminations, qui bien souvent commencent en classe.

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