Resserrer les liens entre l’école et l’entreprise, tel est le projet du ministre de l’Education Nationale Vincent Peillon, qui prépare un plan pour « créer de véritables parcours d’information et d’orientation, pour faire découvrir l’entreprise et les métiers dès la sixième, et cela jusqu’à l’université ». Explication.

Rapprocher le monde des entreprises

Dans un entretien publié ce matin dans «Les Echos », Vincent Peillon déclarait vouloir renforcer le lien entre les jeunes et l’entreprise. Le stage en entreprise, effectué en 3ème jusque-là, était la seule familiarisation au monde du travail, ce que le ministre a jugé « insuffisant ». Vincent Peillon souhaite une mobilisation plus grande des entreprises pour développer davantage les connaissances des adolescents à propos de leurs métiers et les débouchés ». Il ne s’agirait donc pas d’autres stages mais d’un déplacement des entreprises elles-mêmes au sein des classes, à partir de la 6ème. Ce changement n’impliquera pas uniquement les jeunes puisque le ministre compte aussi rapprocher les enseignants des entreprises, en intégrant dans leur formation un « contact avec le monde de l’entreprise ».

L’éducation, outil de lutte contre la crise ?

Le ministre de l’Education Nationale a également souligné le rôle majeur que devait jouer l’éducation nationale dans ce nouveau mode de formation : « l’Education Nationale doit assumer pleinement son rôle, qui n’est pas seulement de former des citoyens, mais aussi de préparer les jeunes à un emploi. Les deux sont liés ». Il a notamment mis en parallèle le taux de chômage élevé que connaît notre pays en cette période de crise : « l’investissement éducatif doit être un des moyens de redressement productif et de la lutte contre le chômage. »

¾ des collégiens ont une vision positive de l’entreprise

Mais quid de la vision de l’entreprise chez les collégiens ? Une étude publiée récemment par Le Réseau a interrogé 400 élèves de 3ème . Dans un monde occidental en pleine crise, on aurait pu penser les jeunes désespérés. Il n’en est rien, puisque 77% des collégiens se disent positifs lorsqu’ils pensent à leur avenir. Les jeunes restent néanmoins lucides face à la situation du pays : 75% considèrent qu’il est difficile aujourd’hui de trouver un stage ou un emploi. Une deuxième étape de cette étude avait pour but d’évaluer leur vision de l’entreprise : lorsqu’on leur dit le mot « entreprise », les jeunes ont répondu « travail » en premier lieu (55points), avant d’en venir à une notion d’ « emploi » et de « métiers ». Pour plus de 95 % d’entre eux, l’entreprise est un lieu « où l’on peut s ‘épanouir professionnellement », et où l’on peut se rendre avec joie et non contrainte ». De quoi tordre le cou à certaines idées reçues…

Le rap comme exemple  de réusite

L’étude a demandé à ces jeunes de réaliser un portrait chinois de l’entreprise. Exemple : « si l’entreprise était : un animal, une voiture, un film, un livre, un lieu, une personne célèbre… » Cette question auxquelles les jeunes ont pour la plupart répondu des noms tels que Dr Dre, Snoop Dog, Sexion d’Assaut, démontre qu’à travers les rappeurs, les jeunes projettent sans doute une envie de réussite, de reconnaissance, possible grâce à l’entreprise. La logique revendicative et identitaire du rap démontre que la réussite est possible malgré les différences et le milieu social d’ou l’on vient, mais qu’elle reste un enjeu. Le film “Intouchables“, cité au même titre que le rap, fait également apparaître l’envie de vivre sa différence au service de sa réussite, et montre une véritable envie d’intégration dans la société tout en conservant son identité. Mais ces projections de réussite autour de l’entreprise ne doivent pas faire oublier un regard critique, notamment au sujet des inégalités : 52% considèrent que l’entreprise est un endroit ou la discrimination est répandue…

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