Dès la petite enfance, voire dès la vie intra-utérine, les goûts sont conditionnés par la diversité des aliments proposés. L’allaitement et la diversification alimentaire apparaissent donc comme des périodes charnières dans l’apprentissage gustatif.

Tel mère tel fils

Une étude du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) a ainsi montré que les fœtus étaient particulièrement sensibles au goût sucré. Si une femme enceinte consomme de l’anis, son bébé sera alors attiré par cette odeur au quatrième jour après la naissance. De la même façon, si la maman consomme régulièrement du jus de carotte, son bébé acceptera plus facilement les éléments qui en contiennent dès qu’il sera âgé de six mois. Dès le quatrième mois, le fœtus est apte à découvrir les saveurs et les goûts des aliments mangés par la maman. Du sang jusqu’au fœtus, en passant par le cordon ombilical, le bébé fait ainsi ses premières expériences gustatives et olfactives par l’intermédiaire du liquide amniotique qu’il avale, et dont le goût est influencé par l’alimentation maternelle. Le sens de l’olfaction est fonctionnel durant la grossesse dès le deuxième trimestre de la grossesse.

Une préférence naturelle pour le sucré

Dès sa naissance, un bébé à une préférence naturelle pour les composés gras et sucrés et une aversion spontanée pour les goûts amers. C’est ensuite progressivement que se font les élargissements gustatifs, d’autant plus que les enfants seront petits à petits davantage confrontés à des arômes différents. L’allaitement puis la diversification proposée vont alors jouer un rôle essentiel dans l’acquisition des différents goûts.  Lorsqu’une maman allaite, le goût de son lait va changer selon sa propre alimentation, de ce fait, il est préférable pour le bébé de consommer le lait maternel plutôt que le lait industriel, aux saveurs moins variées.. Ainsi, les enfants allaités seraient plus facilement attirés par les aliments type « légumes », et consommeraient une plus grande variété d’aliments, notamment entre 2 et 3 ans, d’après une étude de Sylvie Issanchou, chercheuse à l’INRA (Institut national de recherche agronomique).

Trucs et astuces

Entre 5 et 8 mois, c’est l’âge ou le bébé est capable de reconnaître les goûts et les saveurs. Avant 9 mois, c’est donc le moment de faire goûter de nouveaux aliments mais aussi de nouvelles textures. Si au contraire des fruits, plus sucrés, les légumes ont plus de mal à se faire aimer, il faut malgré tout persister à en donner par petites doses. Plus le bébé aura gouté de nouveaux aliments entre 5 et 8 mois, plus il réagira positivement à de nouvelles choses par la suite. C’est entre 2 et 6 ans que les enfants deviennent difficiles, c’est ce qu’on appelle la « néophobie ». A ce moment, les enfants deviennent davantage sélectifs et n’acceptent de manger que certains aliments connus. L’attitude des parents est donc déterminante : lors de ses recherches, Sylvie Issandrou a constaté qu’en cas de refus, « il convenait de persister et de le proposer à l’enfant au moins huit fois, et non d’arrêter au out de deux ou trois fois ».

Mon enfant refuse de manger, que dire, que faire?

« J’aime pas ! », « Beurk »… Face un enfant réticent à se nourrir, les parents se retrouvent souvent impuissants. Quelles sont les solutions pour donner à nos enfants le plaisir de manger et découvrir de nouvelles saveurs ?

Proposez !

  •  il refusera les premières fois. Sans lui mettre la pression continuez de lui proposer mais ne le forcez pas.
  •  ne lui imposez pas de quantité. Goûter est déjà une démarche positive.
  • Rusez ! Il crie à la vue de légumes verts ou des fruits entier ? Comblez l’apport en fibre nécessaire avec une compote, une purée, un jus.
  • Introduisez un seul aliment nouveau par repas, afin que l’enfant se sente en confiance et qu’il ait de quoi combler sa faim s’il n’aime pas « l’intrus »!

Encouragez !

  • Faites le participer à l’achat de l’aliment et multipliez son contact avec ce dernier
  • S’il est en âge de le faire, faites-le participer à la préparation du repas et de l’aliment en question.
  • Donnez lui des repères de façon à ce qu’il anticipe les plaisir et que des rituels s’installent : lundi poisson, vendredi pizza…
  • Partagez des repas commun, en famille : c’est la que son identité de mangeur se forge.
  • Pendant le repas, parlez avec lui de ce qu’il est en train de manger (« j’aime » ; « j’aime pas » ; « c’est bon pour la santé »…)
  • Ne transformez pas les repas en bataille : ne le critiquez pas sur sa façon de manger.

Variez !

  • Variez les recettes pour un même aliment : tartes, gratins, crus ou cuits, au four ou à la vapeur…
  • La présence d’autres enfants influence également les préférences : profitez de leur présence pour proposer de nouveau ces aliments, les réfractaires porteront soudain de l’intérêt en voyant ses camarades déguster une tomate ou une carotte.
  • Donnez lui un dessert même s’il n’a pas fini son assiette. Le dessert n’est pas une récompense. S’il est présenté comme tel, il gardera une opinion négative du plat.

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