Entre 5000 et 6000 élèves handicapés sont toujours privés d’école cette rentrée, fautes d’accompagnants, malgré la création de 1500 postes d’auxiliaires de vie scolaire individuels qui doivent être pourvus.

Un manque d’anticipation

Si le gouvernement a lancé la création de 1500 postes d’auxiliaires de vie, « ils ne sont pas encore sur le terrain : la répartition des postes par académie a été faite en septembre, mais le recrutement n’a pas encore été organisé », regrette la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph). En cause : « le manque d’anticipation des besoins » des enfants, assure Sophie Cluzel, présidente de la Fnaseph. Au vue de ce bilan de rentrée 2012 qu’elle présente ce jeudi matin lors d’une conférence de presse, la Fnaseph renouvelle sa demande de création d’un « véritable métier d’accompagnant ». Elle déplore également la qualité de ces accompagnants : «  ce sont des gens qui ont le bac, motivés et qui montrent un vrai engagement dans ce qu’ils font, mais qui n’ont bénéficié que de 60 heures de formation, au mieux. On n’apprend pas un métier en 60 heures ». Les nouveaux AVS annoncés par le premier ministre prendront leur poste en octobre.

Privés d’apprendre

Bon nombre d’enfants handicapés sont donc encore privés de leur droit à la scolarisation, un droit qui avait été renforcé par la loi du 11 février 2005. Des parents dénoncent ce manque d’accompagnants et avouent avoir dû retirer leur enfant de l’école. On relève aussi beaucoup d’inégalités géographiques en matière de prise en charge du handicap, comme le Béarn ou l’on note beaucoup de plaintes de parents : « Nous, parents d’élèves handicapés, vivons le Béarn comme une zone de ‘non droit’, ou nos enfants sont oubliés et ou la loi n’est pas appliquée ». Cependant, si certains autistes légers ne peuvent apprendre sans l’aide d’une auxiliaire, d’autres ont été priés de rester chez eux pour des questions de sécurité : c’est le cas d’Ali, un jeune garçon trisomique de 4 ans, qui a été interdit de transport scolaire et de cantine. La maitresse évoque des « problèmes de sécurité dans la cour ».

Encore beaucoup de progrès à faire…

Si la loi de 2005 a reconnu le droit à l’école et à la formation professionnelle pour tous les élèves handicapés, beaucoup d’obstacles restent encore à surmonter, résume la fédération. En juillet, alors que le ministre de l’Education promettait de faire de l’accompagnement de ces enfants un « vrai métier », un rapport du Sénat estimait que 20 000 enfants étaient actuellement sans solution de scolarisation. Même si les solutions à court terme se font attendre, la Fnaseph a salué l’initiative du gouvernement et appelle a une concertation rapide pour la création d’un « véritable métier d’accompagnement scolaire ».

…Mais un taux de scolarisation qui augmente

Avec ces futures créations de postes, il y aura au total en France 11 000 auxiliaires de vie. Un ratio encore trop juste au vu du nombre d’enfants handicapés présents dans l’Hexagone. Notons toutefois que l’instauration de la loi du 11 février 2005, relative à la scolarisation de ces enfants, a permis d’augmenter leur taux de scolarisation. Cette année, 227 000 enfants handicapés ont étés scolarisés en milieu ordinaire. En 2011, ils étaient 210 400, selon le ministère de l’Education nationale

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