Le bisphénol A (BPA) n’a pas fini de faire parler de lui. Selon une étude américaine, les enfants présentant un fort taux de Bisphénol A aurait beaucoup plus de chances de devenir obèses.

Un nouveau facteur de risque

On connaît à l’obésité des facteurs de risques tels qu’une mauvaise alimentation ou encore un manque d’activité physique pendant la croissance, sans oublier la piste génétique.  Cependant, d’autres risques sont à prendre en considération désormais, comme l’exposition des enfants au bisphénol A (BPA).  Cette substance chimique, suspectée d’être un perturbateur endocrinien, se retrouve dans certains contenants alimentaires. Elle aurait été détectée dans les urines de 93% d’américains selon une étude menée entre 2003 et 2008 sur 2838 jeunes âgés de 6 à 19 ans. Ces jeunes avaient été répartis en quatre groupes, du plus exposé au Bisphénol A (avec un taux élevé dans les urines) au moins exposé. Résultat : quel que soit le milieu social et le sexe,  les enfants du groupe le plus exposé avaient deux fois plus de risque d’être obèses que les moins exposés (22% contre 10%). Curieusement, le lien être BPA et obésité n’a été constaté que chez les enfants blancs, sans que l’on puisse néanmoins l’expliquer.

Des traces de BPA dans nos consommations quotidiennes

Le Bisphénol A est très présent dans les plastiques destinés à un contact alimentaire : boîtes de conserve, pots pour bébés, pots de moutarde, petit électroménager… Toutefois, de récentes suspicions sur ses effets néfastes sur l’organisme, notamment celui des plus jeunes, ont conduit à son interdiction dans les biberons en France en 2010. Le Parlement français a par ailleurs voté une interdiction totale du BPA pour tous les récipients alimentaires à partir de 2014 et dès 2013 concernant les produits destinés aux enfants de moins de trois ans. Les auteurs de l’étude mettent cependant en garde contre les conclusions trop hâtives. L’étude ne démontre pas qu’il y a un effet direct sur l’obésité et d’autres hypothèses doivent être envisagées : les enfants obèses sont peut être de plus gros consommateurs d’aliments contenant du Bisphénol A comme les sodas en cannette ou les plats rapides à réchauffer.

Vers de nouveaux substituts

Une analyse bio-informatique de sa structure et de sa liaison avec les cellules ont permis aux industriels du plastique de développer de nouveaux composés inoffensifs. Ces derniers seront composés des mêmes caractéristiques industrielles mais sans les propriétés hormonales néfastes retrouvées dans le Bisphénol A. Un produit qui pourrait rapidement voir le jour grâce aux recherches des scientifiques de l’Inserm, publiée dans les PNAS :« sur la dizaine de composés examinés, le bisphénol S serait le moins dangereux » souligne Patrick Balaguer, directeur de recherche.

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