Le poids excessifs des cartables de nos enfants et ados reste un sujet essentiel de la rentrée. Cette année, les kinés entrent en campagne nationale pour lutter contre le mal de dos, et offrent des consultations gratuites. 

Kinés et parents d’élèves entrent en campagne

Dans le cadre de la campagne nationale lancée par la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE), les élèves pourront se rendre chez un kinésithérapeute, du 17 au 29 septembre. Plus de 200 praticiens offriront des consultations gratuites aux élèves de CM1, CM2 et 6ème, pour sensibiliser au mal de dos causé par des cartables trop lourds. En juin 2009, un millier de bilans de santé avaient été effectué par 180 kinés bénévoles. Les résultats avaient permis de monter que le poids des cartables représentait en moyenne 20% du poids de l’écolier, soit 10% de trop. Jean Jacques Hazan, président de la FCPE, a répondu à nos questions :

PsychoEnfants : Quelles sont les mesures déjà mises en œuvre pour lutter contre le problème des cartables trop lourds ?

Jean-Jacques Hazan : Au niveau national, aucune ! Il y a une circulaire ministérielle de 2008, qui n’est jamais appliquée. Ces mesures avaient été prises sur la bonne volonté des conseils généraux et correspondent uniquement à des achats supplémentaires de livres qui restent dans l’établissement, ce qui aurait donc évité aux élèves de les transporter de l’école à leur domicile.

P.E. : Quelle serait la solution? Certains veulent passer au numérique…

JJ.H : En effet, le numérique est évoqué et reste une des solutions principales. Mais ce n’est pas pour tout de suite… Ce n’est pas une solution radicale qui va régler la totalité des problèmes. La solution est dans une recherche pratique mais aussi dans une obligation de respecter l’intégrité physique des personnes, en l’occurrence, des enfants, au même titre qu’on la respecte pour les salariés. Il doit également une réflexion sur l’aspect éducatif : professionnels de la santé qui viennent parler aux enfants, des affiches, des rappels qui aident nos enfants à prendre conscience de ce problème, afin de les aider à mieux se tenir au quotidien.

P.E. : Et le système américain, ou le doublage des livres… Y a t’il d’autres solutions qui sont envisagées ?

JJ.H : Le seul moyen pour un enfant que son cartable ne soit pas lourd, c’est que les livres ne soient pas dedans. Si un enseignant a besoin de lire, il doit les avoir à son collège. A l’école primaire, les cartables sont bien trop lourds et l’on constant qu’il y a de plus en plus de manuels demandés. Mais après la question se posera sur les cahiers et non sur les bouquins. Il faut trouver sur place ce dont on a besoin, et que les enfants n’aient jamais à transporter leurs livres. De plus, les livres dureront plus longtemps, puisqu’ils seront mieux préservés. En terme financier, le mal de dos représente 2 milliards d’euros par an. La solution que l’on préconise coute 30 millions en investissement, sur 5 ans. Cela éviterait que 75% des enfants, à douze ans, aient déjà consulté pour un mal de dos.

P.E. : Après ces campagnes nationales, qu’attendez vous de l’éducation nationale et du gouvernement ?

JJ.H : Que l’on intègre dans le code de l’éducation des règles qui visent à protéger nos enfants, comme le Code du Travail l’est pour les salariés. L’interdiction de port de charges lourdes, et que l’on trouve des solutions. Cela fait trop d’années que ça dure sans que personne ne fasse rien. Il faut que nos écoles soient des facteurs d’éducation à la santé. Demander des dispenses de sport à des enfants qui ont des scolioses mais leur faire porter des charges de 8 kg, c’est faire le contraire de ce que l’on dit.

P.E. : Un premier bilan avait été fait en 2009. Après les consultations gratuites et le bilan de 2012, que se passera-t’il ?

JJ.H : Avec nos résultats, nous irons voir les parlementaires de manière à ce que l’on ait une programmation dans la loi d’éléments normatifs sur la santé des jeunes.

 

Retrouvez tous nos articles sur notre site, ici

Publicités