Si deux tiers des nourrissons reçoivent du lait maternel à la maternité, le taux d’allaitement baisse dès le premiers mois. Un phénomène bien français, puisqu’il s’agit de l’un des taux d’allaitement au sein les plus bas d’Europe, selon les résultats préliminaires d’une  étude publiée mardi par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Les jeunes mamans préfèrent le biberon

Alors que l’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l’allaitement maternel exclusif, une étude française vient démontrer que seuls 60% des nourrissons reçoivent du lait maternel de façon exclusive à la maternité.  Issus de l’étude Epifane, ces chiffres révèlent qu’à peine plus de la moitié des bébés concernés (54%) consommait encore du lait maternel à l ‘âge d’un mois, dont 35% de façon exclusive. Mais la société ayant évolué, les biberons reviennent sur le devant de la scène, d’autant plus que certains facteurs, comme le tabagisme ou l’âge de la mère semblent jouer un rôle important. De fait, plus de 71% des nourrissons dont la mère est âgée de plus de 35 ans sont allaités à la maternité, contre 64% pour les  enfants dont les mères sont âgés de 18 à 24 ans. Le constat se renouvelle pour les mères ayant fumé pendant leur grossesse.

Le niveau d’étude influence la pratique

L’étude révèle également une différence selon le niveau d’études. Les mères ayant un niveau d’études inférieur ou égal au baccalauréat, allaitent moins à la naissance que les mères ayant suivi des études supérieures.  L’écart varie de 62 % à 74 % à la naissance, et de 44 % à 62 % à un mois. Une pratique qui serait donc encore déterminée par le niveau social des mères. Ceci pourraits’expliquer par un manque de connaissance et de soutien à la sortie de la maternité, pour des mères souvent très jeunes.

Le congé maternité remis en cause

Ces études placent les mères françaises, pourtant en tête des pays européens pour le nombre de naissances par femme, au plus bas. Les chiffres sont encore bien loin des pays scandinaves, de l’Allemagne ou de l’Italie ou l’on frôle les 90% d’enfants nourris au sein durant la maternité. En cause, la durée du congé maternité,trop courte selon les mamans françaises et les associations, dont les plaintes ne cessent d’augmenter : « A quoi bon tenter alors qu’il faudra repasser au biberon dans deux mois ? » témoigne Dominique Opits, présidente de La leche league, une association française composée de mères bénévoles qui animent des ateliers sur l’allaitement.

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