Elles vont tenir bon la vague et le vent durant quatre jours… Elles, ce sont les 15 jeunes filles qui borderont les voiles de la « Croisière des guerrières ». Sur le chemin de la guérison (anorexie et autres troubles), elles embarqueront à bord de 9 voiliers pour un périple de trois jours au large de la Côte d’Azur. Xavier Pommereau*, qui donnera le coup d’envoi demain, a jeté l’ancre pour répondre à nos questions…

 

Ancien aumônier de la prison de Fresnes, le Père Michel Jaouen fut dans les années 70 le pionnier des initiatives de « redressement » des jeunes. A bord de son voilier « L’Oiseau rare », il sillonnait les mers en accueillant pendant les vacances des ados drogués, en perte de repères. Ici, la troisième édition de « La Croisière des guerrières** » va permettre à une quinzaine de jeune filles de 18 à 25 ans (provenant du centre Abadie à Bordeaux, des CHU de Fréjus et de Nice) de vivre une aventure collective, faite d’échange et de solidarité, un moyen de se distancier de leur problématique singulière et de libérer les élans.

Encadrées par des médecins et des marins des nageurs sauveteurs, elles sillonneront la belle bleue et poseront leur pied à terre pour visiter des iles ou effectuer un parcours culturel. « Ce projet est une récompense d’avoir réussi à traverser des périodes très difficiles, et en même temps, une thérapie. Lorsqu’elles reviennent, certaines découvrent un monde nouveau, un monde où les possibles sont ouverts »,  confie Claude-Nicole Martinot, ancienne présidente du Rotary Club de Saint-Raphaël, à l’initiative de la croisière.

PsychoEnfants : Quel est le but de cette croisière pas comme les autres ?

Xavier Pommereau : Je fais de la voile depuis longtemps, à titre personnel. J’ai toujours pensé qu’être sur le pont d’un voilier était une mini-école de la vie. En effet, chacun doit y mettre du sien pour que les choses avancent. Il faut savoir observer les consignes de sécurité, obéir à certaines directives, mais également savoir s’entraider en fonction des forces et des faiblesses de chacun(e). Lorsqu’ils voient un grain se lever, une risée sur une mer étale, cela leur donne une illustration de comment l’on doit anticiper les aléas de la vie, suivre les consignes pour se protéger etc. Et puis, il également des petits détails qui ont une portée symbolique : par un exemple, un nœud de chaise permet de fixer quelque chose. Or, il est impossible de le défaire si l’on tire dessus comme un forcené. En revanche, si on le desserre, il se défait de lui-même…

P.E : Quel est le profil de ces adolescentes ?

X. P : Ce sont des ados en souffrance, qui se sont bien battues contre les aléas de la vie et leurs souffrances (anorexie, tentative de suicide…) Certains leur collent, à tort, une étiquette de « jeunes filles déprimées ». Nous, nous tenons à montrer que ces « petites jeunes filles » ont su relever des défis thérapeutiques pendant l’année et ont conquis leurs galons de « guerrières ». Leur courage et leurs efforts méritent une belle récompense.

P. E : Quel est le bilan des précédentes éditions ?

X. P : Très positif ! Certaines sont un peu angoissées au départ mais reviennent le cœur rempli d’espoir. Il n’est pas rare qu’elles chantent ou fassent la fête à leur retour. De plus, beaucoup restent en contact et les adolescentes des éditions précédentes deviennent les marraines des nouvelles participantes. Ces dernières donnent également de l’espoir à celles qui sont encore dans la détresse. Elles montrent l’exemple d’une belle leçon de vie : là où il y a une volonté, il y a un chemin.

 *psychiatre et directeur du centre Abadie à Bordeaux,

 ** menée entres autres avec la SNSM, la Marine Nationale et les Eléonores de Provence

 

Plus d’infos sur :

Le site du Rotary Club de Saint-Raphaël 

La page Facebook du docteur Xavier Pommereau

 

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