Moins invasif et moins risqué qu’une amniocentèse, le “PraenaTest“, un test de dépistage prénatal de la trisomie, vient est disponible depuis lundi 20 août en Allemagne et dans plusieurs pays européens.
Un procédé fiable à 99 % Le mois dernier, la Suisse franchissait le pas et disait « oui » au PraenaTest. Contrairement à l’amniocentèse, qui consiste à prélever du liquide amniotique pendant la grossesse, afin d’analyser et compter les chromosomes fœtaux, la prise de sang est moins invasive. La méthode, mise au point par le fabricant Lifecodexx permet d’isoler les cellules fœtales dans le sang de la mère afin de détecter la présence du chromosome surnuméraire, qui indique une trisomie. Plus particulièrement, la présence de 2 chromosomes au lieu de 3 sur la 21 ème paire de chromosomes. La fiabilité de ce processus aurait été évaluée à 99%, selon plusieurs études internationales.

Des avantages non négligeables

Comme l’indique le tableau comparatif fourni par le fabricant, le PraenaTest n’indique aucun risque de fausse couche. De plus, la maman n’a pas besoin d’observer une période de repos particulière après le test, contrairement à l’amniocentèse. Si les résultats devraient être disponibles sous deux semaines, le PraenaTest soulève un autre débat, qui dépasse le champ scientifique.

Uniquement pour les « grossesses à risques »

Dans un communiqué, le fabricant allemand indique que le PraenaTest « s’adresse exclusivement aux femmes enceintes en 12e semaine de grossesse et au-delà, courant un risque accru de trisomie 21 pour l’enfant en gestation ». Donc, un test circonscris aux « grossesses à risques ». Il faut savoir que la mise en vente du test en Allemagne, Autriche, Liechtenstein et Suisse, avait été combattue par des organisations membres de la Fédération internationale du syndrome de Down (ou trisomie, ndlr). L’objectif était de convaincre la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de ne pas reconnaître le droit à avoir recours à de tels tests. Sans succès apparemment…

Un risque de dérive eugénique

Cette Fédération, qui regroupe trente associations dans seize pays, avait appelé la Cour de Strasbourg à « reconnaître la condition humaine et protéger le droit à la vie des personnes trisomiques et handicapées », contre le risque d’une dérive eugénique. Lorsque la Suisse avait donné son feu vert, le responsable fédéral allemand en charge des personnes handicapées, Hubert Hüppe, avait jugé ce test « illégal », craignant une « sélection des hommes par la trisomie », sans que soit gelée sa mise sur le marché.

Publicités