Moins invasif et moins risqué qu’une amniocentèse, la prise de sang chez la future maman vient d’être autorisé en Suisse. Explications.

Une « petite révolution »

 Malgré les avancées scientifiques, on attendait depuis les débuts de l’amniocentèse en 1972, un examen anténatal plus sécurisant pour les mamans. L’amniocentèse consiste à prélever du liquide amniotique pendant la grossesse, afin d’analyser et compter les chromosomes fœtaux. Actuellement, le risque de fausse couche lié à cet examen est d’environ 0,8 %. Mais en Suisse, un test de dernière génération vient de voir le jour : «C’est une petite révolution médicale, commente le Pr Yves Ville, chef du service de gynéco-obstétrique de l’hôpital Necker (Paris). La France doit sans tarder lancer la procédure de validation de ce test, avant qu’un marché sauvage ne se mette en place.»

Un procédé fiable à 99%

Comment détecter les trisomies sans faire courir un risque au fœtus ? C’est à cette épineuse question qu’ont tenté de répondre les scientifiques. En principe, il faut isoler les cellules fœtales dans le sang de la mère afin de détecter la présence du chromosome surnuméraire, qui indique une trisomie.  Actuellement, les femmes enceintes se voient propose dès le premier trimestre, un dépistage associant une échographie et des prélèvements biologiques dans le sang. En 2010, plus de 55.500 femmes ont choisi de subir cet examen invasif. Une trisomie 21 a été décelée dans 1934 cas. «Environ 95 % des femmes demandent une interruption médicale de grossesse», souligne-t-on à l’Agence de biomédecine. En suisse, ce nouveau test, qui sera commercialisé sous le nom de «PraenaTest», serait réalisé dès la dixième semaine de grossesse, et sa fiabilité aurait été évaluée à 99%, selon plusieurs études internationales.

Bientôt en France ?

Ce ne devrait pas être autorisé tout de suite en France. Selon Emmanuelle Prada Bordenave, la directrice générale de l’Agence de la biomédecine, « ces premiers résultats, même s’ils sont très prometteurs, doivent être confirmés par des études cliniques menées à grande échelle sur notre territoire », a-t-elle confié à nos confrères du figaro. Puisqu’il s’agit d’un nouveau dispositif médical, ce test devra être validé par l’Agence nationale de sécurité du médicament. Sa généralisation à toutes les femmes enceintes fait débat, mais il est possible que ce nouveau dépistage soit préconisé pour les grossesses à risques.

 

 

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