Non assimilation des connaissances de base, manque de maturité, environnement familial instable,…Les causes au redoublement peuvent être multiple. Si ce dernier s’avère parfois bénéfique, il n’est pas toujours porté aux nus, et parfois, combattu par certains. Ceux-là même l’estiment néfaste pour la santé psychologique de l’élève. Alors comment faire dudit « échec », une réussite? La psychologue Vanessa Lalo nous apporte quelques éléments de réponse.

PsychoEnfants : Selon vous, le redoublement est-il une bonne chose en soi?

Vanessa Lalo : Nous ne pouvons en aucun cas établir de généralisations tant les raisons au redoublement et les profils diffèrent. S’il peut être très bénéfique pour certains, son impact pourrait s’avérer désastreux pour d’autres. Tout dépend du profil de l’élève. Si certains auraient risqué la spirale de l’échec s’ils n’avaient pas redoublé, d’autres n’y ont malheureusement pas trouvé le salut attendu. En revanche, ce que je constate avant toute chose, ce sont les difficultés des établissements eux-mêmes. Le manque de personnel d’encadrement, d’orientation et d’accompagnement psychologique, est criant, rendant ainsi les décisions quelque peu arbitraires.

P. E. : Mais alors comment distinguer un « bon » redoublement d’un « mauvais »?

V.L. : Il convient en premier chef, d’identifier les causes aux mauvais résultats de l’élève. Elles peuvent être multiples. Les difficultés rencontrées sont-elles d’ordre intellectuel et/ou émotionnel? Relèvent-elles de problèmes de stabilité rattachés à l’environnement familial et/ou amical? Y-a-t-il une fragilité d’ordre psychologique? C’est pourquoi il est nécessaire d’établir un diagnostic très précis au cas par cas, car on a trop souvent tendance à mettre les enfants dans des cases. Par ailleurs, on ne peut faire redoubler un élève sans en avoir mesurer l’impact psychologique. C’est trop important. Dans tous les cas, les décisions ne doivent freiner le développement de l’élève.

P.E. : Y-a-t-il un type d’élèves pour lesquels le redoublement peut s’avérer être un atout?

V.L. : Il peut être profitable pour des élèves dits immatures ou alors d’autres ayant présenté des difficultés à se situer par rapport aux autres élèves de leur classe. A noter cependant que ceux-là ne constituent qu’une tranche infime du panel concerné.

P.E. : Un type d’élèves pour lesquels le redoublement pourrait s’avérer néfaste?

V.L. : Pour les « surdoués » notamment. Malheureusement, faute de ne les avoir diagnostiqué à temps, on tend à les mettre dans la même case que les mauvais élèves. Or il ne s’agit en aucun cas de cela. Bien au contraire. Le travail demandé étant bien en-dessous de leurs capacités intellectuelles. A noter également le cas des élèves turbulents. S’ils n’investissent pas leur redoublement comme une seconde chance mais comme une sanction, il est fréquent qu’ils reproduisent le même schéma en amplifiant l’échec. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on évite de les faire redoubler et qu’on préfère opter pour le transfert vers un autre établissement, pour changer d’environnement.

P.E. : Comment faire du redoublement une étape profitable de la scolarité de l’élève?

V.L. : Il est important que l’élève puisse saisir cette seconde chance qui lui est offerte, qu’il puisse s’approprier sa scolarité. Mais surtout, il lui faut réaliser qu’il ne s’agit là en aucun cas d’une punition, mais d’une occasion unique de se hisser la tête hors de l’eau et de repartir d’un bon pied. Une manière aussi de reprendre confiance en ses capacités. Par ailleurs, le  rôle des parents est primordial. Il leur faut investir cette alternative positivement. A noter que le redoublement peut également être l’occasion pour l’élève d’élargir un champ d’activités extra-scolaires jusque-là étouffé par les seuls cours en établissement scolaire.

P.E. : Et enfin, quels conseils donneriez-vous à un élève qui redouble en cette période estivale?

V.L. : Je lui conseillerais éventuellement d’en profiter pour combler quelques lacunes durant les vacances, de sorte que la rentrée soit plus souple, plus facile. Et que cette année puisse lui profiter à tout point de vue : réussites, rencontres, projets à court et long terme, prise de confiance… A noter toutefois qu’il faut aussi savoir lâcher du lest de temps à autres. Ainsi ces vacances peuvent être aussi l’occasion de se poser les bonnes questions sur les raisons de son échec et de prendre du recul. Un trop plein de révisions ne laissant pas assez de place au repos, loisirs et autres activités positives risque également de renforcer une position d’échec car « les autres s’amusent et moi je dois travailler car je suis nul… ». Il s’agit donc de trouver le juste milieu entre l’effort et les loisirs.

 

 

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