L’ homme de 79 ans, accusé d’avoir violé deux garçons de 6 et 8 ans, vient d’être mis en examen, à Niort. Interpellé dimanche à la suite d’une plainte de la mère de deux enfants, le septuagénaire avait déjà été condamné en 2003 pour atteintes sexuelles sur mineur.

Il aimait « faire l’amour avec des enfants »

Interpellé mardi matin à Niort, l’homme a aussitôt été écroué au centre pénitentiaire de Vivonne (Vienne). Son avocat, maître Jean-François Trespaillé, ne s’est pas opposé à ce placement en détention, afin de vouloir protéger les victimes et l’auteur des faits de la vindicte populaire, a-t-il expliqué.
 Lors de sa garde à vue au commissariat de Niort, le mis en examen avait avoué avoir commis plusieurs viols et agressions sexuelles sur les deux garçons, entre avril et juillet, reconnaissant « aimer faire l’amour avec des enfants », a expliqué son avocat.

Il les avait attirés « avec des bonbons »

Au mois d’avril dernier, il fait la connaissance de sa voisine, la mère des deux enfants. L’homme aurait ensuite attiré les enfants, au moyen de bonbons, gâteaux et jeux divers.

Fin juillet, les enfants avaient fini par se plaindre auprès de leur mère, lui expliquant que leur voisin les « déshabillait et les mettait tout nus ». Celle-ci a immédiatement donné l’alerte.  Lors de sa garde à vue, le septuagénaire a reconnu les faits, sans toutefois prendre conscience de leur gravité, selon le parquet. Né en 1933, cet homme pourrait souffrir de sénilité. Des expertises médico-psychiatriques vont être pratiquées, a-t-on souligné. Le septuagénaire n’en est pas à son premier forfait. Déjà condamné en 2003 par le tribunal correctionnel de Niort pour agressions sexuelles sur des mineurs, il avait alors purgé 2 ans de prison.

Que dire, que faire, en cas d’agression sexuelle sur un enfant ?

80 % des viols ou violences sexuelles ont lieu dans le périmètre familial*. Une chape de plomb silencieuse entoure trop souvent la révélation des faits. Pourtant, nous pouvons protéger nos enfants, et les aider à libérer leur parole. Les explications de Françoise Peille, psychologue clinicienne, et Victor Simon, psychothérapeute et directeur de l’Institut de médecine psychosomatique.

PsychoEnfants : Comment savoir si mon enfant a été victime d’attouchements ?

Il existe des signes révélateurs qui, combinés, peuvent éveiller l’attention. Mais tous ne constituent pas la preuve certaine d’un abus. Il faut surtout être attentif aux changements radicaux de comportement. Si l’enfant se met soudain à mimer des comportements sexuels avec ses poupées ou avec d’autres enfants, si le simple fait de se dévêtir crée en lui des crises de panique, s’il éprouve une crainte inhabituelle et excessive envers des adultes qu’il appréciait avant, alors oui… il y a peut-être lieu de s’inquiéter. D’autres signes peuvent éveiller l’attention – réveils nocturnes extrêmement brutaux, maux de ventre – et pousser à consulter un pédiatre ou un médecin généraliste.

P.E : Pourquoi un enfant victime d’abus sexuels se sent-il coupable et se mure souvent dans le silence ?

Le problème, c’est qu’avant 3 ans, un enfant ne fait pas bien la différence entre le mal et le bien. Ce n’est que vers l’âge de 5 ou 6 ans qu’il commence à ressentir confusément le caractère normal et anormal des choses. Mais il n’a pas forcément les mots pour l’exprimer. L’autre difficulté, c’est qu’un enfant victime d’un abus peut s’en vouloir – à tort bien sûr – d’avoir séduit son agresseur et provoqué son désir. Il peut aussi se taire par honte, par peur de ne pas être cru, par crainte de subir nouvelles représailles ou encore pour protéger son agresseur avec lequel il a tissé une relation ambiguë, fondée sur l’assouvissement. Le silence peut également être un mécanisme de défense : l’enfant continue de vivre normalement, pour oublier.

P.E. : Comment lui expliquer que les adultes ne sont pas tout-puissants ?

En lui disant qu’il a le droit de ne pas les aimer… et que s’il se sent mal à l’aise avec certaines personnes, il doit en parler. En lui répétant qu’il peut dire « non »  et ne pas accepter qu’on le touche. Les parents ont d’ailleurs un rôle actif à jouer dans cet apprentissage. Par exemple, en évitant de forcer leur enfant à embrasser une personne qu’il ne connaît pas ou qu’il ne veut pas approcher, ils l’aident à prendre conscience de son droit à refuser. L’enfant comprendra ainsi que c’est à lui et lui seul de décider des marques d’affection qu’il souhaite prodiguer.

P. E. : Mon enfant a été abusé. Comment l’aider à se reconstruire ?

Quelque chose de fondamental se brise chez un enfant qui a subi des attouchements. Les séquelles sont encore plus lourdes lorsque l’agresseur est un parent qui avait autorité sur lui et en qui il avait confiance. Il lui faudra du temps pour oser à nouveau croire en la parole des adultes. Pour l’y aider, une psychothérapie s’avère souvent nécessaire. Elle permet à l’enfant d’exhorter sa souffrance. De l’exprimer avec ses mots à lui ou, s’il ne le peut pas, à travers des jeux ou à l’aide de dessins. La dénonciation des faits auprès de la Justice, et la procédure judiciaire qui s’ensuit sont également indispensables à sa reconstruction. Pour bien grandir et se réconcilier avec lui-même, l’enfant a besoin de sentir que non seulement ses parents, mais aussi la société tout entière, condamnent ce qu’il a subi.

*Source : Le bouclier, association de défense des enfants en action.

Adresses utiles :

Allô enfance Maltraitée : Tél. : 119
L’institut national d’aide aux victimes et de médiation (INAVEM) Tél. : 0 810 09 86 09
L’association Enfance Majuscule, qui lutte contre les violences morales et physiques à l’encontre des enfants.

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