Les bébés pesant plus de 3,750 kg pourraient bien être un facteur de risque du cancer du sein, selon les résultats d’une étude américaine, publiée récemment dans la revue PLoS ONE.  Une occasion d’évoquer la prévention d’une maladie qui frappe en France plus de 50 000 nouveaux cas par an.

Pour les besoins de l’étude, des chercheurs de l’université du Texas (Etats-Unis) ont suivi 410 mamans américaines. Ils constaté que celles qui avaient eu les plus gros bébés avaient 2,5 fois plus de risque de développer un cancer du sein, et ce, même après l’ajustement d’autres facteurs de risque (tels que l’âge de la première grossesse, celui de la ménopause, le diabète, etc.).

Un taux d’estriol élevé

C’est sur un échantillon beaucoup plus large sur lequel se sont appuyés les scientifiques pour expliquer ce phénomène. Ainsi, 23 824 femmes enceintes de leur premier enfant ont été observées, avec une attention particulière sur les hormones produites pendant la grossesse. Résultat ? Les femmes qui ont accouché de gros bébés présentaient les plus forts taux d’estriol (l’oestrogène produit par le placenta) et de protéine plasmatique placentaire de type A (PAPP-A), ainsi que les plus faibles taux d’alpha-foetoprotéine (AFP).

Un dépistage plus précoce

Or, la protéine PAPP-A et les oestrogènes sont associés au risque de cancer du sein, alors que l’AFP inverse la tendance. Or, dans les cas présents, les taux sont trop élevés d’un côté, trop faibles de l’autre. Selon les chercheurs, ces hormones seraient donc une des causes de développement de tumeur. Cette étude offrerait des perspectives afin de mieux dépister la maladie chez les femmes « à risque » en leur proposant des mesures de prévention précoce, puisque le cancer du sein apparaît souvent plusieurs décennies après la naissance de l’enfant. Dépisté tardivement, la prise en charge est rendue plus difficile.  Néanmoins, pas de panique pour les femmes ayant accouché d’un beau et gros bébé. D’autres facteurs de risques entrent en compte et ces résultats doivent être confirmés par d’autres travaux. Enfin, il est toujours possible de se reconstruire.

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