Sexe au cinéma : des ados plus précoces ?Une heure de sexualité à l’écran multiplierait par 5 les chances de perdre sa virginité dans les  6 ans ! C’est ce que révèle une étude des psychologues du Darmouth College menée sur 1 228 enfants âgés de 12 à 14 ans. Des chiffres surprenants décryptés par nos experts.

 Une idée consumériste du sexe

Décriée par la psychologue et sexologue Gislaine Duboc,  la relation sexuelle, telle qu’on la voit dans les films actuels « par sa banalisation extrême, exerce une mauvaise influence sur les enfants ».  Cet impact négatif serait lié au fait que dans les scénarios, « les rapports sexuels sont souvent automatiques, rapides et non protégés alors qu’un échange sexuel sain devrait reposer sur le romantisme, la sensualité et le respect ». Selon elle « les jeunes reproduiraient ces schémas fictionnels trompeurs car ils seraientt trop souvent valorisés dans les films ». Se forge alors dans l’inconscient collectif des jeunes « une image désinhibée, superficielle et consumériste du sexe » déplore-t-elle. En revanche pour le pédopsychiatre Jean Hyves Hayez, les scènes de sexe n’auraient aucun impact dramatique sur la sexualité des enfants – « tout au plus participeraient-ils à émoustiller les jeunes » explique-t-il, goguenard.

L’omniprésence des écrans en cause ?

Pour Gislaine Duboc, les jeunes vivent aujourd’hui dans « une société qui n’a plus de pudeur, plus de limites à cause des écrans. Faciles d’accès pour les ados, mais aussi les plus petits, les écrans mettent les images sexuelles à la portée de tous, le pire étant le média Internet qui diffuse tout et n’importe quoi sans véritable contrôle. Moins alarmiste, Jean Hyves Hayez relativise le rôle des écrans en matière de sexualité : « les jeunes ne sont pas plus sexualisés qu’il y a 15 ans. Il faut arrêter de faire des généralisations sans analyse à travers le temps des comportements sexuels » rappelle-t-il.

L’impact des films pornographiques

Selon Gislaine Duboc, les ados seraient surtout trop perméables à l’univers pornographique: « de plus en plus d’ados enceintes viennent me raconter les ébats avec leurs partenaires de façon totalement déconnectée de la réalité d’une relation amoureuse : elles racontent sans pudeur, ni émotion ce que les garçons leur disent de faire, le meilleur comme le pire ». Ce phénomène n’est pas complètement lié aux films de cinéma mais à « l’imprégnation inconsciente des scénarios mécaniques et codifiés des films porno ». Pour Jean Hyves Hayez, « regarder des films pornographiques n’auraient pas un impact diabolique sur l’enfant mais juste une stimulation de sa sexualité. Là où le porno devient plus problématique, c’est chez les plus grands de 16 à 19 ans qui éventuellement, selon leur contexte social, affectif et culturel, pourraient adopter comme normes des déviances sexuelles (soumission, négation de l’autre…)».

 Le rôle des parents

 Ce que précise Gislaine Duboc c’est que « les jeunes n’ont pas la maturité suffisante pour prendre du recul face à ces images ; ils prennent pour modèle ce qu’ils voient à l’écran et reproduisent de façon mimétique ce qu’ils croient être, à tort, le sexe. Il revient donc aux parents d’informer les enfants, dans un esprit pédagogique ». Cette information devrait, selon Jean Hyves Hayez, « aller dans le sens de la culture familiale et non suivre les codes classiques et superficiels de l’information sexuelle ».

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