David Fox était inconnu, jusqu’au jour où sa photo s’est retrouvée sur la pochette d’un album du groupe Placebo. À cause de cette photo, il a vécu l’enfer à l’école. Parfois, l’entourage de l’enfant exprime sa jalousie. Dans d’autre cas, l’enfant lui-même souffre de cette lumière trop vive. Comment ces enfants « stars » vivent leur célébrité ? Pourquoi sont-ils autant détestés par leurs camarades de classe ?

David Fox n’a que 12 ans lorsque son portrait se retrouve affiché partout. Son cousin a vendu une de ses photos au groupe Placebo, sans son autorisation. A l’école, ses camarades ne voulaient pas lui parler ni l’approcher. Fatigué de se faire violenter et harceler, il décide d’arrêter ses études alors qu’il est au collège. Aujourd’hui, David a 28 ans et veut attaquer le groupe en justice car cette image lui a fait vivre un enfer durant sa scolarité.

Le cas de David Fox n’est malheureusement pas isolé. Jake Lloyd, qui jouait le petit Anakin dans le film Star Wars*, a également connu une période de troubles : « Certains enfants ont été vraiment méchants avec moi. Ils faisaient le bruit du sabre laser à chaque fois qu’ils me voyaient, » a-t-il expliqué au magazine The Sun.

Outre le comportement des autres enfants, de nombreuses jeunes stars ont eu des difficultés à gérer leur célébrité : Lindsay Lohan, Macaulay Culkin ou Laura Smet, tous sont connu les affres de l’alcool ou la drogue. Particulièrement pour Drew Barrymore, qui après avoir connu le succès grâce au film E.T, s’est initiée à l’alcool à 10 ans et à la drogue deux ans plus tard.  Une étude récente a d’ailleurs démontré que les jeunes buvaient de l’alcool de plus en plus tôt. Pas toujours facile pour les parents de garder le contrôle de leur progéniture. Pour ce qui est de la drogue en revanche, des tests de dépistage peuvent les renseigner sur la consommation éventuelle de leurs ados…

Monique de Kermadec, psychologue clinicienne est auteur de Pour que mon enfant réussisse aux éditions Albin Michel, nous éclaire sur le vécu des (très) jeunes stars.

 Psychoenfants : Quand on est enfant, comment vit-on la célébrité alors qu’on n’y est pas préparé ?

 Monique de Kermadec : Très mal, car l’enfant est propulsé dans un fonctionnement pour lequel il n’est pas préparé. Il subit beaucoup la pression de la réussite et ne contrôle plus rien. Le monde du spectacle étant déjà difficile à gérer pour les adultes, alors pour un enfant…

 PE : A quoi devrait-il s’attendre ?

M. de K. : A un monde d’adultes et de paillettes, où les gens son ambivalents. Leur comportement change selon les jours et les lieux. Ce ne sont pas des personnes fiables car elles ne sont pas sincères. L’enfant peut se retrouver très seul, même s’il est très entouré.

PE : Pourquoi, quelque temps après, certains enfants tombent-ils dans l’alcool ou la drogue ?

M. de K. : Lorsque l’on est connu et que l’on perd son succès, l’alcool et la drogue sont un moyen d’échapper à la nostalgie de cette gloire. À ce moment-là, ils sont plus vulnérables. Au sommet de la gloire, boire ou se droguer peut aussi constituer un moyen de décompresser lorsqu’il y a trop de stress.

PE : Que faire pour garder les pieds sur terre ?

M. de K. : Le rôle des parents est primordial. Malgré la célébrité, un enfant doit continuer à se développer et à se construire psychologiquement. Il est important qu’il conserve ses valeurs. Si les parents le protègent des dangers du showbiz, il n’y a pas de raisons qu’il soit malheureux.

 PE : Cette gloire rapide, parfois éphémère, construit-elle l’estime de soi ou au contraire peut-elle la détruire ?

M. de K. : La gloire peut aider à construire l’estime de soi lorsque l’enfant fait le lien entre ses efforts et sa réussite, c’est-dire, lorsqu’il estime qu’il mérite son succès. Mais elle peut la détruire lorsque le succès n’est plus au rendez-vous. Dans ce cas il remet tout en question, il se sent abandonné, déboussolé, c’est un choc assez violent.

* épisode I – La menace fantôme

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Image : FreeDigitalPhoto.net

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