Scènes de guerre, images pornographiques, violence gratuite … 43% des 11-13 ans et 68% des 15-17 ans ont déjà consulté de tels contenus sur le net, selon une étude du CSA publiée mardi. Pire, ces derniers seraient trop souvent visionnés hors de la surveillance parentale. Pour décrypter ce phénomène inquiétant, Françoise Laborde, membre du CSA, a répondu à nos questions.

Psychoenfants : Pourquoi les ados et pré-ados ne regardent-ils plus la télévision en famille ?

Françoise Laborde : C’est dans la psychologie des adolescents de vouloir entretenir leur propre espace de liberté hors de la portée des parents. Ce repli sur soi est en l’occurrence renforcé par la multiplication des équipements télévisuels mais aussi par la diversification des supports technologiques (smartphones, tablettes individuelles …) qui facilitent l’accès individuel aux contenus télévisuels.

P.E : Mais aujourd’hui, même en présence de leur famille, les enfants ont accès à des images violentes …

C.L: Si vous parlez des JT et des documentaires sensibles, il est vrai que les enfants peuvent facilement tomber sur des contenus non appropriés à leur âge. Mais généralement, les parents, lorsqu’ils sont présents, sont attentifs à ce que les enfants ne regardent pas n’importe quoi. Toutefois, avec les obligations professionnelles, il est de plus en plus difficile de regarder la télévision avec ses enfants.

P.E : Les contrôles parentaux sont-ils vraiment efficaces ?

CL : Dans l’absolu, ces interdits normés ne servent à rien si au préalable il n’y a pas eu de dialogue et de communication entre les parents et les enfants. En effet, pour que les signalétiques d’avertissement aient un vrai sens, il faut qu’en amont les parents aient alerté les enfants sur la violence qu’on peut trouver dans les contenus télévisuels.

P.E : En tant que parent, comment aborder des sujets aussi délicats que le sexe et la violence avec ses enfants ?

C.L : D’abord il ne faut pas avoir peur d’en parler. Il y avait un temps où un membre ou un ami de la famille se dévouait pour aborder ces sujets avec l’enfant. Mais aujourd’hui, dans nos sociétés modernes il n’y a plus vraiment d’occasions où les familles peuvent échanger. Du coup, les sujets sensibles restent tabous, par pudeur et respect légitimes, mais aussi par le renforcement de l’individualisme de chacun.

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Image: FreeDigitalPhotos.net

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