Le studio norvégien indépendant Krillbite a annoncé il y a quelques jours la sortie de son nouveau jeu vidéo : Among the sleep. Ce jeu de survival-horror qui sortira sur PC et Mac l’année prochaine nous met dans la peau d’un enfant de deux ans.

L’histoire commence lorsqu’un soir, des phénomènes étranges se produisent dans la chambre, obligeant le petit à quitter son lit. On entre alors dans un monde surréaliste accompagné d’un ours en peluche, avec un seul objectif : retrouver le chemin de la maison. Ce jeu d’épouvante fera évoluer le joueur à travers les yeux d’un bambin de deux ans qui devra survivre face aux monstres cachés dans les placards ou aux ombres menaçantes.

On savait que le jeu vidéo pouvait détenir des vertus thérapeutiques, voire combattre la dépression, mais c’est la première fois qu’un jeu vidéo arrive à mettre en scène les peurs enfantines (abandon, peur du noir…). Une manière de revivre les cauchemars oubliés depuis longtemps. Entre rêve et réalité, ce jeu nous plonge dans l’imagination des tout petits. Plutôt destiné aux adultes ou aux adolescents puisque l’ambiance est celle d’un film d’horreur, ce jeu n’aura pas de restrictions d’âge.

Mais, qu’en pensent les psychologues ? Réponses de Vanessa Lalo (psychologue des médias numériques), Yann Leroux (psychanalyste spécialiste des jeux vidéos) et Stéphane Dehoul (psychologue clinicien spécialiste des jeux vidéos) :

Vannessa Lalo* :
« Il y a quelque chose de sadique »

« Ce genre de jeu permet de revivre les peurs de nos enfances qui ont bien souvent été oubliées. Mais il y a quelque chose de sadique puisqu’on joue avec la période de l’enfance, comme la poupée Chuky ou les Gremlins dans les films. On y retrouve les peurs des petits qui sont souvent les mêmes : le noir, les monstres cachés sous le lit…Ce sont celles des univers fantastiques que l’on retrouve dans les livres ou à la télévision. Les enfants sont sensibles à ce genre d’images car ils ne savent pas encore ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Ce jeu attirera
sûrement par son côté intrigant, surtout le fait de jouer dans la peau d’un enfant et non pas celle d’un adulte. »

Yann Leroux** :
« Ce jeu permet d’exprimer ses angoisses »

« Soit les développeurs ne savent pas ce qu’est un enfant, soit ils ont eu une enfance étrange ! Ils représentent l’enfance comme une période d’horreur, alors que ça n’est pas le cas pour tout le monde, heureusement. Les peurs des enfants sont en réalité beaucoup moins concrètes. Ce sont plus des sensations, comme celle de l’isolement, de la chute ou du morcellement. Si ce jeu connaît le succès lors de sa sortie, ce sera parce que les joueurs s’y seront identifiés, parce que les parents auront raté quelque chose dans leur éducation. Le mécanisme de survie que l’on retrouve dans ce type de jeu permet d’exprimer ses angoisses indirectement. »

Stéphane Dehoul***:
«C’est un moyen de contrôler ses peurs »

« Ce type de jeu n’a rien d’original. Il existe déjà beaucoup de survival-horror et les
graphismes n’ont pas l’air révolutionnaires. Les peurs des enfants y sont néanmoins bien retranscrites : la peur de se faire dévorer, le noir, la peur de l’abandon sont des choses que l’on retrouve souvent chez l’enfant. Les joueurs peuvent être rassurés de contrôler ces peurs qu’ils avaient étant petits. Ce jeu a quelque chose d’universel, et peut donc plaire à un large
public.

* Retrouvez-la sur http://vanessalalo.com/
** Retrouvez-le sur http://www.psyetgeek.com/
*** Retrouvez-le sur http://www.psychologue-reims.fr/

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