Un nouveau cas de suicide d’enfant est venu ternir ce mois de mai. À Toulouse, un garçon de huit ans a mis fin à ses jours. Derrière le drame des familles, qu’avait en tête ce jeune garçon pour vouloir abréger sa vie ? Avait-il réellement conscience de son acte ? Explications.

Le drame s’est déroulé jeudi 17 mai aux alentours de 21 heures. Un enfant de huit ans s’est donné la mort par pendaison dans la banlieue toulousaine. D’après les premiers éléments de l’enquête, le petit garçon se serait fait punir dans sa chambre suite à une dispute avec son frère. C’est le père qui a découvert le corps inanimé. Il a alors tout tenté pour réanimer son fils, en vain. L’enquête confiée à la brigade des familles se poursuit afin de comprendre les raisons de ce geste dramatique. Début mai, c’était un adolescent de 14 ans qui se donnait la mort à l’aide d’une arme à feu, en Haute-Saône.

Les suicides d’enfants en hausse

Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le nombre de suicides chez les 5-14 ans ne cesse de croître. En 2009, ils étaient ainsi 37 enfants à se donner la mort en France, contre 26 en 2008 et 22 en 2007. Cette augmentation révèle ainsi un réel mal-être chez la nouvelle génération et nous interroge sur les raisons du passage à l’acte et les moyens de l’anticiper.

Un moyen d’échapper aux souffrances

Selon Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et auteur d’un rapport sur le suicide des enfants *, « le suicide des enfants n’est pas une fatalité ». En effet, le suicide chez les 5-9 ans ne correspond pas un désir de mort mais seulement un moyen d’échapper à la souffrance ou de fuir un conflit avec ses parents. L’enfant n’a alors pas conscience que cet acte sera irréversible. Le neuropsychiatre explique qu’avant neuf ans « la mort est un ailleurs, étrange et réversible » pour les petits. Il distingue en ce sens le suicide de l’enfant de celui de l’adolescent. À partir de 12 ans, ils ont tout à fait conscience des conséquences de leur geste qui est alors prémédité et révélateur d’une grande solitude.

Un acte impossible à prévoir

Boris Cyrulnik souligne également qu’il est quasiment impossible de prévoir un tel passage à l’action de la part d’un enfant dans le sens où ils répondent le plus souvent à une pulsion. Il ajoute également que « la détresse d’un enfant est souvent difficile à percevoir car il vit dans un temps immédiat ». De nombreux facteurs peuvent alors l’amener à commettre cet acte et la moindre «  défaillance environnementale, superficielle ou momentanée suffit à déclencher une violence autonome ».

Dans le cas des adolescents, ils « expriment souvent des énoncés présuicidiaires, des comportements sémantisés (qui ont du sens, qui indiquent quelque chose, ndlr) : un très bon élève devient mauvais, une fille entourée d’amies s’isole dans sa chambre, un garçon souriant devient morose et se renferme ». Il faut alors rester attentif aux signes de changements brusques d’attitude.

Mais une chose est sûre, que ce soit pour un enfant ou un adolescent, l’amour et l’écoute sont les meilleurs moyens de prévenir ce terrible drame.

* Quand un enfant se donne « la mort », aux Editions Odile Jacob (2011)

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