Menée par des chercheurs de l’institut de Seattle, une enquête montre que la moitié des enfants américains de 3 à 5 ans n’ont pas d’activité physique quotidienne en plein air. Constat préoccupant qui concerne notamment les filles. Alors, faute à maman et papa ?

Souvent, les parents sont persuadés de traiter leurs enfants avec égalité. Les différences entre les sexes semblent évoquer un autre temps, révolu. Or, l’étude publiée le 2 mai 2012 dans les «Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine» démontre que les parents poussent davantage leurs garçons que leurs filles à aller jouer dehors. Pour leur enquête, les chercheurs se sont basés sur un échantillon de 8 950 enfants américains. Le résultat est sans appel : les parents invitent leurs garçons à jouer dehors jusqu’à 16% de fois plus que les filles.

Persistance des préjugés

Les filles doivent rester propres et soignées alors que se salir permet aux garçons de grandir. Les filles jouent à la poupée tandis que les garçons jouent au football. Voilà autant de représentations sociales qui habitent notre imaginaire collectif. Pour les chercheurs, c’est l’intériorisation, consciente ou non, de ce genre de stéréotypes, qui expliquerait le comportement inégal des parents avec leur enfants. Ainsi, les loisirs des enfants ne sont pas symboliquement neutres : si on préfère davantage que les filles jouent avec des poupées ou des cuisinettes c’est pour leur transmettre les valeurs «féminines» de la coquetterie ou du soin tandis que le sport ou les jeux de combat, qui véhiculent les codes de la combativité et de la virilité, sont destinés de façon privilégiée aux garçons. De fait, traditionnellement, on estime que c’est davantage le garçon qui a droit au plein air.

Jouer dehors : de nombreux bienfaits pour les enfants

Pooja Tondan, professeur au département de pédiatrie de l’université de Washington, rappelle que « les enfants d’âge préscolaire doivent pratiquer une activité physique d’au moins soixante minutes (…) jouer dehors est favorable au développement, à la vision, à la cognition et à la santé mentale de l’enfant ». Or, les chercheurs constatent qu’environ la moitié des enfants américains de 1 à 3 ans sont dans l’impossibilité de jouer dehors tous les jours faute de la disponibilité d’un des parents. Un constat d’autant plus marqué pour les jeunes filles et les enfants issus des minorités visibles.

Retrouvez cet article sur notre site, ici

Publicités