Pour dire stop aux devoirs à la maison, la FCPE a lancé, lundi 26 mars, l’appel à la « Quinzaine sans devoirs ». Dans toute la France, les écoles primaires ont été conviées à jouer le jeu. Alors pour ou contre les devoirs ? PsychoEnfants fait le point sur la question.

Depuis la loi 1956 sur l’interdiction des devoirs à la maison pour les écoliers, le débat a été relancé plus d’une fois. Malgré des textes officiels, les enseignants continuent, cinquante ans, après de donner du travail aux enfants après l’école. Les journées des élèves ne sont-elles pas trop longues ? Travailler une fois rentré de l’école est-il vraiment utile ? Il y a ceux qui pensent que les devoirs font partie intégrale de l’apprentissage scolaire et ceux qui les rendent responsables de l’échec scolaire. Face à ce débat qui divise les protagonistes de l’éducation en France, la FCPE* prône l’abolition définitive des devoirs. Pour appuyer ses revendications, la fédération a lancé le 26 mars 2012 la « quinzaine sans devoirs », une expérience placée sous le signe du volontariat dans les écoles françaises…

Les parents face aux devoirs

Beaucoup de parents dénoncent des devoirs trop longs et fastidieux qui deviennent souvent sources de tensions et de conflits au quotidien. « Tous les soirs mon fils revenait avec un tas de devoirs à faire à l’écrit à la maison. Cela durait des heures. Nos relations étaient très tendues », témoigne cette mère d’élève. Si certains parents pensent que les devoirs sont indispensables dans l’apprentissage de leurs enfants, la plupart s’avouent désarmés face aux difficultés rencontrées à la maison. Ils considèrent que cela relève du travail de l’enseignant. « Mon fils est en CP et tous les soirs trop de devoirs (…). C’est un peu comme si nous, parents nous ramenions tous les soirs du travail à faire à la maison », ajoute une seconde maman, épuisée. Et elle n’est pas la seule.

La quinzaine sans devoirs

Selon Jean-Jacques HAZAN, Président de la FCPE, « c’est une aberration de penser que les enfants réussiront mieux en travaillant le soir chez eux. Bien au contraire, retravailler une leçon à la maison peut mettre en situation d’échec un élève qui se retrouve seul face à ses difficultés ».  Les mots sont forts et illustrent un réel ras-le-bol. Pour le représentant national, « les devoirs sont sources d’inégalités sociales à l’école ». Selon son analyse, il y a les élèves qui pourront se faire aider à la maison par leurs parents ou par un professeur particulier et ceux qui  ne trouveront aucun soutien dans leur entourage. Les différents moyens auxquels les élèves peuvent avoir recours ou pas en dehors de l’école enfonceraient l’enfant dans l’échec. Pour la fédération, cette expérience de deux semaines est l’occasion de prouver aux plus réfractaires que les devoirs peuvent bien disparaître. S’il n’y a pas encore de retour officiel des écoles, la FCPE se félicite de la réflexion que cela a soulevé dans le corps enseignant, auprès des syndicats et médias.

Le regard d’une psychologue

Cependant, tout le monde ne pointe pas du doigt les devoirs à la maison. À l’image de Monique de Kermadec**, psychologue. Selon elle, il faut s’attaquer à la forme des devoirs, plutôt que de vouloir leur suppression : « Un travail bien géré et bien dosé permet d’échanger avec les adultes, que ce soit les parents ou non (…). Le travail doit être dosé en fonction de l’âge de l’enfant sinon il perd le plaisir d’apprendre. Voilà où est le problème actuellement. Une heure de devoir en primaire, c’est beaucoup trop. »  Il faudrait donc savoir adapter la charge de travail aux capacités de l’enfant. Une formule qui pourrait servir d’alternative entre les abus de certains enseignants et la suppression totale du travail à la maison. Alors que les devoirs sont accusés d’inégalités sociales et de source de frustration chez l’enfant, Monique de Kermadec croit fermement qu’ils « permettent également de former sa pensée en dehors de l’école ».
* FCPE : Fédération des Conseils de Parents d’Elèves

** Monique de Kermadec est l’auteur de l’ouvrage Pour que mon enfant réussisse, aux Editions Albin Michel, 2010

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