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Geneviève Dulude, diététicienne à l’Université de Montréal, a souhaité étudier le rapport entre la mère et son enfant à table. Aujourd’hui, la spécialiste de la nutrition remet en question les méthodes universelles des mamans quant à l’attitude à adopter face à l’enfant à table.

Le passage à table est toujours un moment délicat dans l’éducation de ses enfants. Chaque mère y va de sa stratégie pour faire accepter ces petits plats divers et équilibrés mais pas toujours adorés des enfants. Entre récompenses promises, restrictions ou encore punitions, le repas peut rapidement devenir un moment désagréable pour tous. Geneviève Dulude a étudié les réponses de 122 mères d’enfants de 3 à 5 ans qui ont répondu à un questionnaire autour de leur comportement alimentaire. Ses recherches lui ont permis d’établir une thèse sur la relation mère et enfants à table.

La pression à table

Selon la diététicienne, la pression que le parent peut appliquer ou non sur son enfant influence son apprentissage et son rapport à la nourriture. L’acharnement pour que l’enfant finisse son assiette pourrait créer une réelle aversion envers certains aliments, pourtant nécessaires à son organisme. De même pour la restriction de l’enfant, que toute maman a voulu essayer un jour : « Si tu ne finis pas, tu ne sors pas de table », « Si tu ne finis pas ton assiette, pas de dessert » ou encore la promesse « Si tu manges tout, tu auras un bonbon ». La menace, la punition ou même la récompense n’aideront pas l’enfant à mieux accepter ce qu’il doit consommer, à l’inverse, cela pourrait rendre l’étape du repas traumatisante et redoutée. Alors que la mère pense bien agir en imposant des repas équilibrés et variés, ces moments conviviaux peuvent se transformer en terrain de confrontation et de tension pour tous. Geneviève Dulude a donc établi un certain constat : il faut en finir avec la dictature des repas chez l’enfant. Selon elle, ces méthodes d’éducation sont les raisons d’une frustration face à l’alimentation. Si l’on pense que forcer son petit à manger équilibré est bon pour son apprentissage, cela pourrait en fait l’orienter vers une alimentation malsaine plus tard.

La bonne attitude à adopter

Mais selon Geneviève Dulude, il ne faut pas pour autant laisser l’enfant consommer uniquement les aliments qu’il désire. La diététicienne préconise avant tout la patience et les compromis entre l’autorité et la conciliation parents-enfants. Une mère sensible aux goûts de son enfant a d’autant plus de chances de lui faire apprécier des aliments équilibrés à long terme, et l’aider à se tourner vers des habitudes d’alimentation saine. Ainsi, il faut trouver un terrain d’entente avec sa progéniture quant au déroulement des repas. « Le parent choisit le contenu du repas, l’heure et l’endroit, alors que l’enfant sélectionne ce qu’il mange sans être contraint, puni ou récompensé. Cela devrait alléger l’ambiance des repas et permettre à l’enfant de découvrir à son rythme les nouveaux aliments », explique Geneviève Dulude. Ainsi, dans une atmosphère paisible, l’enfant pourrait de lui-même se prêter au jeu de la découverte de nouveaux aliments, et apprendre à les apprécier lorsqu’il est prêt. En influençant l’apprentissage de l’enfant à table en douceur, la mère permet à l’enfant de se construire des habitudes alimentaires sereines mais surtout saines.

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