La ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot-Narquin, vient de rendre public un rapport sur l’hypersexualisation des enfants. Celui-ci identifie les dangers de ces pratiques et propose des mesures pour les restreindre.

Le scandale du magazine Vogue, aux Etats-Unis, dans lequel on pouvait apercevoir une petite fille dans des tenues et postures suggestives, n’a pas seulement fait beaucoup de bruit. Il a soulevé un problème de société très sérieux : l’hypersexualisation des enfants. Face à ce phénomène qui prend de l’ampleur, la ministre des solidarités et de la cohésion sociale avait demandé à la sénatrice Chantal Jouanno de mener une enquête. Ce jeudi 1er mars, Roselyne Bachelot a rendu ce rapport public lors d’une conférence de presse. Celui-ci établit le bilan de la situation actuelle et incrimine plusieurs domaines comme le monde de la mode et la publicité. L’événement du concours des mini miss ou certains produits de consommation (string, soutiens-gorge ampliformes etc) sont également pointés du doigt. Ces éléments « renvoi[ent] à la sexualisation des expressions, postures ou codes vestimentaires [des enfants], jugées trop précoces ». La sénatrice affirme que pourtant « ces enfants n’ont généralement pas conscience des signaux sexuels qu’ils renvoient ». Dans son rapport, Chantal Jouanno explique qu’en France l’hypersexualisation n’est pas encore massive mais que les parents ont raison de s’inquiéter.

« Chartre de l’enfant »

La sénatrice propose alors plusieurs mesures pour prévenir ce phénomène et protéger les enfants. Le Centre d’analyse stratégique (CAS) s’est joint au projet en analysant différentes méthodes de prévention, déjà expérimentées dans d’autres pays depuis le début des années 2000. Elles combinent à la fois des mesures juridiques et des dispositifs d’information pour parents et enfants. Sur le plan juridique, Chantal Jouanno insiste sur l’interdiction des concours de beauté pour les enfants de moins de 16 ans. Elle propose aussi la création d’une « Chartre de l’enfant » qui consiste à « illustrer concrètement les principes d’intérêt supérieur de l’enfant et de dignité de la personne humaine » afin d’arrêter de considérer les enfants comme des « mini adultes ». Ce texte serait surtout adressé aux acteurs économiques. Il symbolisera leur engagement à lutter contre l’hypersexualisation chez les enfants. Roselyne Bachelot rappelle aussi l’importance de l’information des parents.

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