Lors de la conférence annuelle de l’Association américaine pour l’avancement de la science, le 18 février à Vancouver, la psychologue Erika Hoff a déclaré que les enfants bilingues ne sont pas des petits génies, comme tendent à le penser certains parents. De plus, les retards de langage ne correspondraient pas à une désorientation de ces enfants face aux deux langues qu’ils entendent.

Samedi 18 février 2012 se tenait la conférence annuelle de l’Association américaine pour l’avancement de la science, à Vancouver. À cette occasion, la psychologue Erika Hoff a tordu le coup aux idées reçues, selon lesquelles un enfant bilingue est soit un petit génie, soit perturbé et désorienté par l’apprentissage des deux langues, ce qui provoquerait un retard du langage.

« Les deux assertions sont fausses », affirme-t-elle. « Il n’est pas vrai qu’entendre deux langues conduit à la confusion chez l’enfant et réduit sa capacité d’apprendre. Mais il n’est pas vrai non plus que les enfants peuvent apprendre comme par magie deux langues aussi vite qu’une seule. »

Une approche psychologique différente

Pour comprendre le phénomène du retard de langage, les psychologues ont utilisé une approche consistant à mesurer simultanément le niveau d’apprentissage des deux langues chez l’enfant. Les résultats démontrent alors que les capacités de langage d’un enfant bilingue sont les mêmes que celles d’un enfant qui ne parle qu’une seule langue. « Les enfants exposés aux deux langues (…) entendent moins de chacune d’entre elles que ceux qui n’en entendent qu’une, donc cela leur prend plus de temps pour arriver au même niveau d’expérience dans chacune d’entre elle », explique Erika Hoff.

Des tests existent déjà

Depuis 30 ans, les tests LDS (Language Development Survey) et le Bilan de développement de la communication de MacArthur Bates existent, afin de déceler les retards de langage chez les enfants âgés de 24 à 30 mois. Destiné aux parents, un questionnaire contenant une liste de 310 mots leur est remis, afin qu’ils identifient ceux que leur enfant utilise déjà. Ce dernier sera considéré comme tardif s’il n’emploie que 25 à 50 mots, alors qu’un locuteur moyen se situe à environ 150 mots.

Nan Bernstein Ratner, professeur à l’Université du Maryland ajoute que 20% des enfants souffrent d’un retard du langage, mais que la grande majorité d’entre eux (4 sur 5) le comblera à l’âge de 5 ans.

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