Conférencière et spécialiste du sommeil, Brigitte Langevin vient de publier un nouvel ouvrage sur le sujet intitulé Le sommeil du nourrisson (éditions de Mortagne). À l’occasion de sa sortie, l’auteur répond à nos questions.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ? 

Les parents m’ont beaucoup confié, lors des conférences ou sur mon site, qu’ils trouvaient difficile d’appliquer les différentes stratégies pour l’apprentissage du sommeil chez le nourrisson. Aujourd’hui, il y a certaines études et méthodes qui ont été scientifiquement prouvées et dont les parents ont eu vent, mais pouvoir les mettre en place n’est pas toujours à leur portée. Ce livre était une façon de rendre toutes ses méthodes accessibles afin d’aider les parents désemparés.
Dans votre ouvrage, vous accordez une grande place à la dimension psychologique dans l’apprentissage du sommeil. Comment l’expliquez-vous ?  

Je pense que le sommeil est un problème comportemental, ce n’est bien sûr pas physiologique. Les bébés fonctionnent par associations (comportement, émotion…). Ce sont elles qui conditionnent le sommeil du nourrisson. L’état d’esprit des parents au moment de coucher l’enfant – s’ils sont angoissés ou sereins – a une influence sur son endormissement. La dimension émotive est donc très grande et la psychologie a sa place dans l’apprentissage du sommeil.

On s’en rend compte par exemple avec les objets rituels comme le doudou ou la tétine. L’enfant a besoin de se fabriquer des conditions d’endormissement. Le nourrisson développe à partir de 6 mois un lien particulier avec l’un des objets présents dans son lit, ce qui aura un effet rassurant et réconfortant. Pour la tétine, il faut savoir qu’avant 3 mois, le bébé n’est pas capable de la remettre à sa bouche lui-même, donc il pleure s’il se réveille sans. À partir de 3 mois, je conseille aux parents de mettre plusieurs tétines dans le lit de l’enfant afin qu’il puisse les trouver à chaque fois qu’il en a besoin. Ce qui, au même titre que le doudou, a un caractère sécurisant.
Vous précisez que le bien être et le repos des parents sont déterminants dans l’apprentissage du sommeil du nourrisson. Que conseilleriez-vous à des parents à bout de nerfs? 

Les parents ont souvent essayé beaucoup de méthodes pour faire dormir leur bébé, sans succès. En général, la situation se débloque pourtant facilement. Il s’agit parfois d’un petit détail que les parents ne perçoivent pas parce qu’ils n’ont pas le recul nécessaire. L’apprentissage du sommeil chez les nourrissons est un moment délicat. Il faut s’y préparer car le manque de sommeil des parents peut nuire au processus. J’ai beaucoup de contacts avec différents parents qui me sollicitent sur mon blog ou ma page Facebook. Je réponds à leurs questions et à leurs inquiétudes. Lorsque la situation semble assez problématique, je privilégie une rencontre téléphonique pour avoir une approche plus personnalisée.

Le sommeil du nourrisson, Brigitte Langevin, éditions de Mortagne

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