Les dernières statistiques du Ministère des Affaires Etrangères pointent du doigt la décroissance de l’adoption internationale en France. Bien que de plus en plus de familles désirent adopter, en 2011, moins de 2 000 enfants ont pu obtenir un visa.

En 2011, moins de 2 000 enfants ont pu être adoptés en France. C’est ce que démontrent les dernières statistiques du Quai d’Orsay concernant l’adoption internationale. Un chiffre d’autant plus inquiétant, qu’il est le plus bas depuis 25 ans. Selon le Ministère des Affaires Etrangères, cette chute serait causée par un durcissement des conditions d’adoption à l’étranger. Si, en 2010, le nombre d’enfants adoptés s’élevait à 3 500, il était en grande partie expliqué par  l’arrivée de mille orphelins Haïtiens, après le séisme de Port-au-Prince.

Baisse des adoptions

Depuis, Haïti et le Viêt-Nam ont décidé d’arrêter toutes les adoptions internationales. Suivant le mouvement, de nombreux autres pays ratifient la convention de La Haye et privilégient les adoptions nationales. À l’heure actuelle, seulement 27 000 enfants ont été adoptés dans le monde. Chiffre identique au nombre de demandes déposées en France. Car si les conditions pour adopter se sont durcies avec le temps, le nombre d’enfants « légalement adoptables » a considérablement baissé.

Inquiétude des associations

Le faible nombre d’adoptions en France en 2011 (qui s’élève précisément à 1 995 enfants) inquiète tout particulièrement les associations. « C’est moitié moins qu’en 2005, date à laquelle les autorités françaises juraient pourtant qu’on allait doubler les adoptions ! Cela fait longtemps qu’on voit arriver cette baisse. Et elle ne touche pas que la France, mais elle démontre l’inadaptation du dispositif français à l’évolution de l’adoption internationale », explique Nathalie Parent, vice-présidente d’Enfance et Familles d’Adoption. L’association affirme également que les parents Français se font distancer par d’autres pays comme l’Italie, car le profil qu’ils recherchent au cours de l’adoption ne correspond plus à la réalité actuelle.

Changer les critères

« Il faut mieux préparer les Français en amont de l’agrément. Les pays d’origine le réclament et l’Italie le fait, ce qui a d’ailleurs fait chuter le nombre de candidats. Mais, au moins, les familles italiennes prennent la pleine mesure de la réalité de l’adoption et adoptent davantage d’enfants grands ou à besoins spécifiques. » En effet, le profil des enfants adoptables est de plus en plus celui d’enfants porteurs de maladies, âgés de plus de 7 ans ou vivant en fratrie, ce à quoi les Français ne sont pas encore préparés.

Pour remédier à cela, un projet de loi pour le renforcement de l’information et l’accompagnement des candidats à l’adoption, avait été déposé mais, malheureusement, n’avait jamais été étudié. En septembre 2011, la députée UMP Michèle Tabarot a déposé une nouvelle proposition de loi qui proposerait une formation aux couples cherchant à adopter. Elle sera présentée à l’Assemblée Nationale à la fin du mois de mars.

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